dimanche 17 avril 2011

« Si on s'y mettait... »

« Ne serait-il pas souhaitable que la population de Saint-Armand puisse disposer d'un lieu où les citoyens ordinaires, comme ceux qui sont impliqués au sein de l'une ou l'autre des institutions locales, pourraient échanger leurs idées afin de jeter les bases d'une collaboration saine et durable entre les organisations existantes et celles qui sont encore à naître?
« Ça intéresse quelqu'un?
« Les institutions : des outils communautaires »
Dans Le Saint-Armand
, avril-mai 2011, p. 3

Bien sûr que ça m'intéresse!

Je propose une rencontre mensuelle ouverte à tous, disons le dernier dimanche de chaque mois, pour échanger sur le temps qu'il fait à Saint-Armand. Avec publication d'un compte rendu des échanges et, s'il y a lieu, recommandations au Conseil municipal ou à toute autre instance.

Si cette formule vous inspire quelque chose, communiquez avec moi par courriel ou dites-le en commentaire et refilez l'invitation à d'autres en cliquant sur l'icône 'M' ci-après :
Jean Trudeau, coord.
Comité local d'initiatives communautaires (CLIC)
jean.trudeau@gmail.com


Mise à jour -- Mardi, 19 avril 2011

Où? Dans chacun des lieux énumérés dans l'éditorial du journal : pourquoi pas?
Quand? J'ai fait une proposition; vous pouvez proposer autre chose.
Comment? Ce serait le premier sujet d'échanges.

3 réponses reçues jusqu'à maintenant, dont 2 par courriel :
« La rencontre mensuelle, c'est une belle idée, une sorte de "bee" aux idées collectives. Oui, mais où? »
« Nous avons tout ce qu'il faut pour lancer cette initiative. Je suis partant. On se rencontre quand? »

samedi 9 avril 2011

À la mémoire de Pierre Gauvreau...

En apprenant sa mort, je me suis rappelé et j'ai relu dans notre journal local l'entretien de Jean-Pierre Lefebvre avec notre concitoyen Pierre Gauvreau, cet homme épris de liberté, signataire du Refus global (pdf), qui a marqué l'art visuel et la télévision québécoise ces dernières décennies. Extraits.
Pierre, comment te définirais-tu?
Dans la mesure du possible, j’évite de me définir. Ça ne m’intéresse pas de m’enfermer dans une catégorie, à savoir si je suis croyant ou si je ne le suis pas, si je suis de gauche ou de droite, parce que ça ne veut plus rien dire tout ça. Donc, je vis ma vie la plus ouverte possible. Je veux être le plus libre possible, et être libre c’est être ouvert. Je considère que je suis né à un moment privilégié de l’Histoire. Je suis de ceux qui ont connu l’arrivée de l’aviation et de toutes sortes de choses qui ont complètement bouleversé la vie des hommes, qui ont rendu caduques les connaissances classiques et les interprétations religieuses de la société.
La société québécoise, la société «canadienne-française», n’est pas toujours une société dans laquelle il est facile de vivre parce que le problème de l’identité, on le traîne avec soi à la journée longue. C’est quoi un vrai Québécois, un vrai ceci ? Êtes-vous une vraie femme, un vrai homme ? On se pose constamment ces questions. Il faut absolument tout cataloguer. Ça révèle une insécurité profonde, et cette insécurité est un des aspects marquants de notre culture. On a par ailleurs l’obsession de vouloir arrêter le Temps. C’est complètement utopique ! Le temps qui a passé depuis qu’on se parle est irrécupérable. La nature, l’univers, sont en mouvement, tout est en mouvement, en déséquilibre, en porte-à-faux. Donc, cela va à l’encontre des valeurs que notre société québécoise - surtout canadienne-française - a voulu se donner et tient encore à se donner.
(...)
Regrettes-tu quelque chose?
Être obligé de mourir. Je le prends pas.

Le texte intégral (pdf) de cette entrevue : « Brève rencontre avec Pierre Gauvreau » dans Le Saint-Armand, vol. 2 no 6, juin 2005 .

dimanche 27 mars 2011

Lourde soirée et grand bonheur musical

« Bienvenue à vous qui venez passer avec nous un moment de grand bonheur musical... (Richard Tremblay)
« Ce soir, nous avons une assez lourde soirée... Lourde, parce que c'est plein de sens... » (Robert Trempe)
C'est en ces termes qu'on nous présentait hier soir la 5e édition du Concert Hors les murs des finissants du Conservatoire de musique de Montréal présenté ici, à l'église Notre-Dame-de-Lourdes.

J'en parle, d'abord parce que j'aime la musique classique; mais aussi, parce que j'aime Saint-Armand et que... Très franchement, je me suis demandé s'il ne s'agissait pas là à la fois la cinquième et la dernière édition de cet événement qui marque si bien le début du printemps...
Pas à cause du programme, encore moins des interprètes : « Nous sommes privilégiés d'avoir accès dans notre région à cette qualité d'interprétation », écrit Richard Tremblay dans son mot de bienvenue. Et c'est tout à fait ça.

Plus encore : nous sommes privilégiés d'avoir comme organisateur et présentateur un Robert Trempe qui prend la peine, avant chaque pièce musicale au programme, de nous communiquer sa passion pour la musique en nous présentant le compositeur et le contexte de l'oeuvre.

Pas à cause de l'organisation : tout à fait remarquable! Robert Trempe, Richard Tremblay et, en coulisse, les autres membres du comité organisateur (Marie Dubé, Rita Dupont, Carmen Laroque et Louis Arpin) savent faire les choses. Et surtout pas à cause de l'acoustique de la salle!

Pas à cause de l'auditoire présent : attentif et visiblement enchanté, le silence pendant et les applaudissements après en témoignent...
Ni du confort : la fluidité de la musique nous fait vite oublier la dureté des bancs... Ni du prix d'entrée : quand même, 15 $ seulement...
Il y a des signes qui ne trompent pas. Nous étions à peine une centaine; la plus faible assistance depuis la création de l'événement... Et si peu de jeunes dans la salle pour écouter de jeunes musiciens aussi talentueux...

Mais surtout, étrangement, pas de « Bienvenue, l'an prochain! » Omission volontaire de la part du présentateur? Simple oubli attribuable à un moment d'ivresse musicale? Hésitation à s'engager ainsi à organiser une sixième édition face à autant de places vides?

Question cruciale et vitale devant une telle désaffection du public local : reviendra, reviendra pas? Lourde décision!
Photo : Michel Saint-Denis

Témoignage reçu par courriel, le 30 mars 2011

Saint-Armand en harmonie
Par Marie-Hélène Guillemin-Batchelor

Les 26 et 27 Mars dernier, en l’Église Notre-Dame-de-Lourdes, Saint-Armand a eu une fois de plus l’extrême privilège d’assister au concert des finissants du Conservatoire de Musique de Montréal. Baryton, flutiste, violoniste, pianistes et joueuse de cor nous ont impressionné tant par leur talent que par l’interprétation virtuose de diverses œuvres dont certaines assez ardues.

John Giffen, Baryton

Alice Lan Lepine, Cor; Danielle Boucher, piano; Francis Perron, piano;
Ariane Brisson, flûte; Aude St Pierre, piano; Geneviève Beaudoin, violon.

Nous sommes vraiment choyés d’avoir une relève musicale aussi douée. Et nous sommes chanceux que ces jeunes excellents interprètes viennent se produire depuis cinq ans dans la belle Église de notre petit village.

Merci à tous ceux qui se donnent la peine de créer et d’organiser de tels moments de bonheur.

« La musique mets l’âme en harmonie avec tout ce qui existe »
Oscar Wilde

dimanche 20 mars 2011

Développement ou dévitalisation?

Pas facile de s'y retrouver...
Dans le journal Le Saint-Armand, la Société de développement de Saint-Armand nous annonce qu'elle reprend ses activités. Objectif : regrouper des investisseurs, décideurs, entrepreneurs qui ont un intérêt commun pour réaliser des projets locaux collectifs et mettre en place une structure pour assurer la réalisation de ces projets. Priorités : revitaliser les infrastructures récréo-touristiques de Philipsburg; implanter Internet haute vitesse partout et de façon équitable; prolonger jusqu'à Saint-Armand la piste cyclable projetée dans la région.

Dans la même édition, La Rédaction sonnait l'alarme dans son éditorial intitulé « Saint-Armand, une municipalité dévitalisée? ». L'équipe du journal y affirme que notre « population vieillit et [que] les jeunes y sont trop peu nombreux pour assurer le renouvellement normal des forces vives de la communauté. Ce qui entraîne inévitablement, à plus ou moins brève échéance, une baisse progressive des services. [Or] lorsque la population cesse de se renouveler, l’extinction guette la communauté. »

La Voie municipale de mars 2011 nous apprend que le Conseil municipal « travaillera sous peu à la création d'une société de développement économique et communautaire locale. Cette nouvelle société sera en mesure d'accepter et de s'occuper des mandats de développement, tant économique que communautaire, que lui confiera le Conseil ».

Dans la même édition de la Voie municipale, nos élus se veulent rassurants : « Malgré ce qui a pu se dire ou s'écrire, la municipalité de Saint-Armand n'est pas, selon le MAMROT, une municipalité dévitalisée. D'autre part, Saint-Armand est éligible à certains programmes et subventions habituellement attribués à des municipalités dévitalisées... »
Deux choses m'ont frappé en lisant ces articles : d'une part, l'incompréhension manifeste et persistante entre l'équipe du journal local (La rédaction) et le Conseil municipal; d'autre part, l'incapacité de nos élus et de nos 'forces vives' de travailler ouvertement et de concert au développement économique de Saint-Armand.

Or, au-delà des stratégies et des oppositions, il y a une réalité : Saint-Armand ne pourra échapper à la dévitalisation sans projets de développement durable inspirants. Et pour que ces projets se réalisent, il faudrait s'unir et mettre le monde de Saint-Armand dans le coup plutôt qu'en discuter en catimini chacun de son bord.

dimanche 13 février 2011

« La tournée des Carrefours »

Nouveau souffle pour le Carrefour culturel de Saint-Armand?
« Résumé par M. Édouard Humphrey du CLD Brome-Missisquoi, le projet veut cimenter l’interaction entre les Carrefours culturels actifs de la MRC en renforçant la complémentarité et la diversité de l’offre culturelle professionnelle présentée à la population et aux touristes sur le territoire de Brome-Missisquoi. C’est à travers une programmation de cinq tournées de spectacles et d’expositions que le projet souhaite consolider le réseau des Carrefours et développer un cadre de référence en matière de concertation. La tournée se déploiera dans huit municipalités : Bedford, Cowansville, Dunham, Farnham, Lac-Brome, Saint-Armand, Stanbridge East et Sutton. »
Source : Le FDR de la CRÉ Montérégie Est soutient la réalisation de projets pour la MRC de Brome-Missisquoi
Site Web des Carrefours culturels de Brome-Missisquoi


Mise à jour - 5 avril 2011
En réponse à une question posée lors de l'assemblée publique du Conseil municipal hier soir concernant la participation de Saint-Armand à ce projet, la conseillère Ginette Lamoureux-Messier a répond que le Carrefour culturel de Saint-Armand n'est pas inclus dans cette tournée à cause des frais encourus.

lundi 24 janvier 2011

Le plan d'action révisé pour la revitalisation du lac Champlain

Carte : LCBP Website
Le plan s'intitule Opportunities for Action: an Evolving Plan for the Future of the Lake Champlain Basin (Perspectives d’action : un plan progressif pour l’avenir du bassin du lac Champlain). La première version du plan date de 1996. C'est seulement en 2003 que le Québec endossait officiellement deuxième version du document. L'an dernier, les objectifs initiaux étant loin d'être atteints -- le niveau de phosphore dans le lac Champlain n'a pratiquement pas diminué selon l'EPA --, le plan était actualisé et entériné de nouveau par les trois États limitrophes du lac : le Vermont, l'État de New York et la province de Québec.

Il y a peu de changements dans les objectifs du plan et les moyens proposés pour les atteindre, mais on met de l'avant une nouvelle approche, celle de la 'gestion adaptative' (adaptive management). De plus, le plan fait maintenant l'objet d'un site Web et d'une base de données qui seront périodiquement mis à jour par le Lake Champlain Basin Program (LCBP). Il sera ainsi plus facile de suivre l'évolution de l'état de santé du lac, du moins du côté américain.
« Ceci permettra au public, gestionnaires, chercheurs et partenaires gouvernementaux d’avoir accès et de suivre plus facilement les actions retenues et leur avancement pour atteindre les objectifs fixés. Pour chaque action, les responsables sont identifiés pour faciliter la mise en œuvre du plan et sa mise à jour. L’approche par gestion adaptive identifie une série d’indicateurs écologiques qui permet d’informer les gestionnaires de la réponse de l’écosystème au plan d’action. Les gestionnaires sont alors en mesure d’évaluer en continuité notamment les programmes de réduction du phosphore et de faire des modifications nécessaires pour améliorer leurs efficacités. » (Introduction)

Souhaitons que le gouvernement du Québec fasse en sorte que l'information concernant l'évolution de la situation dans la baie Missisquoi soit disponible en français sur ce site. Pour l'instant, seul un bref sommaire du plan nous est présenté en français : c'est bien peu...

Mise à jour (11-01-25)
On apprend indirectement dans ce plan que l'Organisme de bassin versant Baie Missisquoi aura son site Web d'ici 2012. C'est une excellente nouvelle non seulement pour les professeurs et leurs élèves mais aussi pour toute la population environnante!
CHAPTER 3: INFORMING AND INVOLVING THE PUBLIC
ACTION: Enhance educator and student learning about watershed issues.
TASK: Produce an education section to educators and students free of charge on the OBVBM website by 2012.
Task ID #: 3.1.13
Lead Agencies: Québec

Mise à jour (11-04-18)

samedi 25 décembre 2010

L'église : « ...tant que vous en aurez besoin. »

En cette nuit de Noël, il ne restait plus beaucoup de places libres dans l'église Notre-Dame-de-Lourdes. Cette année encore, on pouvait y assister à la traditionnelle messe de minuit précédée d'un joyeux concert donné par la chorale de Saint-Armand. Une messe peu conventionnelle à la façon sympathiquement fruste d'Éloi Giard, à la fin de laquelle nous avons eu droit aux voeux du maire et du représentant de la Fabrique, M. Robert Trempe. Et ce dernier d'ajouter : « Prenez le temps cette semaine de lire la lettre que vous adresse aujourd'hui la Fabrique, et d'y réfléchir; vous la trouverez dans vos bancs... »
(...)

« Cette église vous accueille cette nuit comme elle le fait les jours où sont célébrés les baptêmes, les funérailles et les diverses célébrations liturgiques. Elle vous accueille aussi pour des concerts ou d'autres manifestations culturelles.

Noël 2010
Crèche de l'église Notre-Dame-de-Lourdes


« Elle est aussi votre lieu d'accueil si un sinistre survient dans notre municipalité.

« C'est un bâtiment qui a plusieurs raisons d'être et qui tient à coeur « aux gens de la place ». En effet, c'est avec votre aide, vos encouragements, vos dons ou votre participation comme bénévole que nous tentons de la garder belle et accueillante.

« Par exemple, nous avons refait les portes, réparé temporairement le perron qui sera réaménagé. Une rampe d'accès pour personnes handicapées sera construite et la cheminée réparée. Une main courante permet maintenant de descendre au sous-sol (repeint il y a quelques années) par l'intérieur de façon plus sécuritaire. Les réservoirs d'huile ont été solidifiés. Et derrière l'église, il y a ce puits que nous avons fait creuser. Et tout près, le charnier et la croix du cimetière refaits il y a quelque temps.

« Encore une fois, rien de cela n'aurait été possible sans votre support et votre implication. Sans votre présence.

« Pourquoi évoquer tout cela cette nuit? Parce que l'église s'est faite belle encore une fois pour vous rappeler qu'elle vous accueille, comme elle continuera de le faire tant que vous en aurez besoin.

« Joyeuse fête dans votre église...

Carmen Larocque, présidente
Fabrique de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes
Il s'agit là d'une lettre importante à mes yeux. Ce n'est pas d'hier que l'avenir de nos églises me préoccupe; or, je sens ici une ouverture à réfléchir collectivement à cette question... et, qui sait, à en faire l'objet d'un débat public...

Sans leurs églises et leurs cimetières, Saint-Armand, Philipsburg et Pigeon Hill auraient-ils une âme? Sans leurs églises et leurs cimetières, les gens de Saint-Armand, Philipsburg et Pigeon Hill auront-ils encore à la fois ce sentiment d'appartenance et cet esprit d'indépendance qui les caractérisent?

C'est un non sens que nos églises soient presque abandonnées. À l'origine, avant de désigner un lieu de culte, le mot 'église' désignait un lieu de rassemblement.
Église : Du lat. vulg. eclesia, lat. chrét. ecclesia (empr. au gr. εκκλησια « assemblée de citoyens ») - Selon le dictionnaire du CNRTL
S'il est évident que le besoin de prier-ensemble n'est plus là, celui de se rassembler, du vivre-ensemble est toujours là. Mais quand et où à Saint-Armand? 'Nos' églises ayant perdu leur vocation cultuelle, la communauté à qui elles appartiennent ne pourrait-elle pas les affecter à des usages socio-culturels et en confier l'animation à des groupes de citoyens dynamiques? Je pense, par exemple, à une galerie d'arts visuels (groupe d'artistes), à un centre dédié à l'histoire locale (groupe interculturel d'aînés), à une chapelle oecuménique (groupe interreligieux), à une salle de concerts (groupe de mélomanes)... Mais qui en prendra l'initiative?