Aucun message portant le libellé patrimoine bâti. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé patrimoine bâti. Afficher tous les messages

mardi 1 juillet 2025

ITE MISSA EST ! (2)

Juin 2024 —> Juillet 2025

Il y a plus d'un an, les gens de Philipsburg (Saint-Armand) étaient invités par la Fabrique à réfléchir sur le futur de la paroisse Saint-Philippe et son église. Les marguillers s'étaient donné trois mois pour trouver un projet financièrement rentable pour couvrir les frais liés à la propriété et au culte faute de quoi il faudrait envisager la vente de l'église, de ses biens et de son terrain attenant.

— Un an plus tard, qu'en est-il ?
— La Fabrique attend la décision du diocèse.

C’est ce que j'ai eu comme réponse, encore dernièrement. 

Que s'est-il passé depuis un an dans ce dossier ? Officiellement, on en sait peu de choses. Aucune information n'émane publiquement depuis plusieurs mois des instances concernées : ni de la Fabrique qui l’administre, ni de l'Unité pastorale des Frontières dont fait partie Saint-Philippe, ni de la Municipalité de Saint-Armand où elle est située, ni du diocèse dont relève la paroisse pour le culte. 

Qu'adviendra-t-il de la dernière des sept églises chrétiennes de Saint-Armand encore fréquentée ? Ce sont donc les autorités ecclésiastiques du diocèse de Saint-Hyacinthe dont l'évêché est situé à une cinquantaine de kilomètres d'ici, qui en décideront, semble-t-il. La Fabrique et la Municipalité auraient-elles baissé les bras ? 

jeudi 6 juin 2024

ITE MISSA EST ?

Réflexions au lendemain de la
Réunion Générale concernant le Futur de la Paroisse Saint-Philippe de Philipsburg.

Présidée par Alain Beauchesne, marguiller
En présence du curé de la paroisse Bertrand Jodoin, du Vicaire général Serge Pelletier et du Responsable des finances du diocèse ainsi que de la Mairesse et deux Conseillers de la Municipalité de Saint-Armand.
À laquelle assistaient une vingtaine de citoyen.ne.s

État des lieux

  • Une église pour 5 ou 6 paroissien.ne.s 'pratiquant.e.s'
  • Une église ouverte pour une messe deux fois — donc deux heures — par mois pour tout au plus une vingtaine de personnes venues surtout d'ailleurs
  • Une église dont les coûts (chauffage, assurances, culte) dépassent de beaucoup les revenus (dîme, quêtes, dons)
  • Une église qui bénéficie d'un généreux legs qui permet jusqu'à maintenant de boucler le budget d'opération. Mais pour combien de temps encore?
  • Une désaffection non seulement des fidèles mais aussi des marguillers de la Fabrique qui ne sont plus que trois dont l'une en convalescence
  • Ce n'est pas là une situation unique; toutes les églises du diocèse font face à des états financiers déficitaires.

Objet de la réunion, constat et perspectives
  • Il s'agit d'une réunion d'information. Il ne s'agit pas d'une réunion de consultation; encore moins de décision.
  • Plutôt d'un « appel à l'aide », selon les mots de Caroline Rosetti, mairesse.
  • La situation financière est intenable, « presque absurde », impossible à gérer à plus ou moins long terme.
  • Nous avons trois mois pour trouver une solution. Après quoi, faute d'un projet financièrement 'rentable', il faudra envisager la vente de l'église, de ses biens et de son terrain attenant.
___________________________

Mises à jour

jeudi 1 septembre 2022

Le bouttt du bouttt

Je me suis longtemps demandé à quoi servirait la base de béton près du stationnement de l'Hôtel-de-Ville. En prenant mon courrier, hier, je l'ai bien vu. Et j'en suis resté sidéré. 

Le patrimoine à deux vitesses
Laisser s'étioler le meilleur du passé; en valoriser le pire...

Ma fierté d'Armandois en a pris un coup. Qui a bien pu avoir l'idée de mettre côte à côte ces deux éléments commémoratifs aux antipodes de ce qui fait — a fait, devrais-je écrire, puisqu'on n'y voit plus rien — notre fierté? Et, de surcroît, à quelques jets de pierre de la 'vieille gare' qui tarde depuis la première phase de sa restauration il y a une décennie à devenir fièrement le symbole de Saint-Armand pour remplacer l'église, délaissée, désacralisée, vendue, presque abandonnée?

mercredi 9 décembre 2020

Effacement

 Voici tout d'abord, deux photos pour bien camper mon propos :

Sur la façade de ce qui fut jusqu'en 1999 l'Hôtel de ville de Philipsburg

Près de l'Hôtel de ville (l'ancienne gare) de Saint-Armand

Ces photos ont été prises en mars. Vérification faite sur place en fin de semaine dernière, j'aurais pu les prendre hier avec le même résultat. On trouve — ou plutôt, on trouvait —, dans chacune de ces vitrines une mosaïque de photos et de notes rappelant quelques noms, faits et lieux qui ont contribué au fil du temps à faire des municipalités de Saint-Armand et Philipsburg ce qu'elles sont devenues. 

L'état de ces deux vitrines témoigne vertement et tristement de l'importance que nous accordons à la contribution de ceux et celles qui nous ont précédés dans cette région. 

Face à ce constat de visu peu reluisant, je me suis dit en ce dernier mois du regretté 175e... Nous ne pouvons laisser se poursuivre plus longtemps la détérioration de ces vestiges d'une partie de notre mémoire collective locale. De deux choses, l'une : faisons disparaître, éliminons définitivement ces deux monuments s'ils n'ont plus de sens à nos yeux parce que dépassés (!) ou remplaçons-les, renouvelons-les... Nos prédécesseurs méritent mieux! 

Bien sûr, je préconise la deuxième option : le renouvellement. J'en ferais même un triptyque fabriqué avec une technologie plus durable dont le contenu serait mis à jour périodiquement pour mieux refléter le Saint-Armand 'en marche', une municipalité unique regroupant trois 'villages' caractérisés par leur fragmentation et leur riche diversité. Trois villages qui ont, le passé n'en est-il pas garant, encore un bel avenir. 

Est-ce que le Conseil municipal peut en faire un projet culturel complémentaire aux infrastructures incluses dans ses prévisions budgétaires? Je le souhaiterais ardemment pour stimuler notre fierté armandoise. D'autant plus que je vois mal comment une telle vitrine au contenu effacé inexorablement par le temps pourrait faire bonne figure telle qu'elle est (et où elle est actuellement) lors de l'inauguration officielle de la gare entièrement restaurée qu'on nous a promise pour... l'an prochain. 

Bien sûr, la première option coûterait beaucoup moins cher, diront les 'pandémistes'... Et puis, de toute façon, nous sommes tous sujets à l'effacement un jour ou l'autre... Et si, dans cette grande marche à relais qu'est la vie, nous cherchions plutôt à passer le flambeau, allumé, à la prochaine génération?

mardi 10 septembre 2019

Les dés sont jetés

Hier soir, c’était un moment historique à Saint-Armand : la première assemblée du nouveau Conseil municipal, le précédent ayant été décimé au début de l’été par quatre démissions successives, dont celle du maire, encore officiellement inexpliquée.

Je ne crois pas me tromper en affirmant que notre nouvelle mairesse, Caroline Rosetti, qui prend le relai à la suite des élections partielles du 11 août dernier, nous a agréablement surpris. « Ensemble, faisons progresser Saint-Armand! » semble être plus que le slogan de son dépliant promotionnel mais bien sa réelle motivation.

Une première assemblée, et déjà quelques signaux prometteurs : on la sentait à l’écoute « des aspirations de la population », préoccupée « par la transparence de l’administration » et déterminée à « avoir une vision pour notre avenir ». Tous des éléments de son programme. Femme de parole? Elle a un bon deux ans pour le démontrer et peut visiblement compter sur l’appui de la population pour y arriver.

Parmi les sujets se détachant de la ‘routine municipale’ à l’ordre du jour, j’ai retenu le remplacement des fenêtres de l’Hôtel de ville (symbole de transparence?), l’avancement du projet de revitalisation du quai (une aspiration de la population qui ne date pas d’hier) et une volonté manifeste de tenir compte des idées déjà exprimées à de multiples occasions au fil des années (bonne base sur laquelle bâtir une vision pour notre avenir).

Seul bémol de cette soirée : le système de sonorisation n’ayant pu être utilisé, les conseillères et conseillers ne se sont pas tellement exprimés. Cela viendra sans doute ultérieurement comme façon bien concrète de montrer qu’elle entend bien « favoriser le travail d’équipe afin de poursuivre nos objectifs ».

Bref, c’est fort bien parti!

Les citations entre « » sont tirés du dépliant Caroline Rosetti à la mairie.

En réponse au commentaire de Nathalie Chalifoux 
Merci de souligner cet aspect fort important concernant le remplacement des fenêtres de l’Hôtel de ville. Dans ce billet, je ne me prononce pas sur les décisions prises par le Conseil — ayant été absent de la ‘scène armandoise’ pendant plusieurs années —, mais sur l’atmosphère qui se dégageait de l'assemblée dans l’ensemble. Mon allusion aux fenêtres et de leur transparence est donc plutôt symbolique. Cela dit, ce que j’ai retenu de la réponse de la mairesse lors de la période de questions, c’est son affirmation catégorique comme quoi les fenêtres choisies ne mettaient pas en danger le statut patrimonial de la gare.

Cependant...  
J’avais compris qu’il s’agissait uniquement des fenêtres extérieures puisque les fenêtres intérieures avaient fait l’objet de rénovation lors des travaux (voir la photo p. 145 du livre de Philippe Fournier, Saint-Armand, d'hier à aujourd'hui). Selon vous et une autre personne au courant du dossier, il semble que ‘j’avais mal compris’... Comme vous, je m’explique donc mal la décision du Conseil.

J’en conclus que pour qu’il y ait une véritable transparence, le Conseil municipal devrait être ouvert à ce qu’il y ait un débat public avant toute prise de décision dans ce genre de dossier.  
Bref, c’est bien parti (!) mais il y a encore du chemin à faire pour arriver à une véritable démocratie municipale à Saint-Armand...

Mise à jour (19-10-29)
Une pétition en ligne initiée par Emmanuel Peluchon demande aux élus municipaux de réévaluer leur décision. Plus de 350 signataires à ce jour. 
Pour la suite des événements, lire Le journal de Saint-Armand et La voie municipale, novembre-décembre 2019, p. 2.

Mise à jour (19-12-06)

Épilogue


lundi 6 mai 2019

Le sanctuaire Notre-Dame-du-Laus renaîtra-t-il?

(Photo : cathofrontieres.org)
C'est du moins ce que souhaite l'évêque de notre diocèse, Mgr Christian Rodenbourg. Il était de passage à Philipsburg hier pour célébrer la messe dominicale, et c'est ce qu'il a laissé entendre dans son homélie, évoquant même la construction d'un nouveau quai sur le lac en face de l'église pour qu'on puisse y venir en bateau...

Tout un défi dans le contexte actuel de la pratique religieuse ici comme partout au Québec et ailleurs!

Je lisais récemment à ce propos qu'en Europe la Fondation Églises ouvertes, travaille à mettre en valeur le patrimoine religieux — déserté là aussi — en maintenant les églises ouvertes avec différentes approches. Pourquoi pas ici? Selon Gery de Pierpont, chargé de projets pour cette fondation : « Une église fermée est une église qui meurt. Pour la préserver, il faut la maintenir ouverte. » Nous en avons malheureusement plusieurs exemples dans notre région...

En rappel : On vient (de loin) prier à Philipsburg

jeudi 18 janvier 2018

8 ans plus tard...

Une bien triste soirée à l’église Notre-Dame-de-Lourdes de Saint-Armand, mardi soir dernier... Les paroissiens avaient été convoqués par la Fabrique pour se prononcer sur l’avenir de leur église compte tenu de la situation financière. Le portrait n'est pas rose; il est même rouge...

Il semble que la Fabrique devra se résigner à mettre définitivement la clé dans la porte de l'église. Pour deux principales raisons étroitement liées : l'achalandage et le financement.

Pouvons-nous imaginer Saint-Armand sans son église et son clocher?

Je me suis rappelé — peut-être étiez-vous là, en cette nuit de Noël 2010 — ce texte pourtant optimiste (trop?) écrit il y a huit ans : L’église... tant que vous en aurez besoin.

Et cet autre (prémonitoire?), en 2005 : Ouvrir ou fermer nos églises.

mercredi 28 mars 2012

Développement contrôlé? Mais par qui?

« ... il n’est nullement question de transformer notre municipalité selon le modèle de Saint-Sauveur par exemple. Toutefois, sans un développement contrôlé, nous ne pourrons maintenir, et encore moins, développer les services de proximité dont nous avons grandement besoin. Je crois fermement que c’est en conjuguant tous les atouts et forces de notre communauté que nous réussirons à améliorer notre qualité de vie. J’aime aussi à penser que vous êtes tous avec nous, les membres de votre Conseil, pour un avenir meilleur. » (Réal Pelletier)
Mot du maire, La voie municipale, mars 2012


Les échangeurs sud et nord à Saint-Armand en 2017,
selon une simulation du ministère des Transports du Québec. 
Notre maire parle d'un développement 'contrôlé. La question qui tue : Un développement contrôlé par qui et selon quelles priorités?
En lisant le 'Mot du maire', je me suis rappelé deux recommandations des commissaires du BAPE dans leur rapport final sur le Projet de parachèvement de l'autoroute 35 :
« La commission [...] invite la municipalité de Saint-Armand à travailler de concert avec le ministère des Transports afin d’améliorer la sécurité du chemin de Saint-Armand et la quiétude des lieux, dans le respect des caractéristiques paysagères qui en font un attrait touristique reconnu par la MRC de Brome-Missisquoi et partie intégrante des circuits "Paysages pittoresques" et "Tranquillité légendaire" ». (Avis 34, p. 110)
« La Commission est d'avis que, compte tenu de la grande vulnérabilité du noyau de bâtiments à caractère patrimonial de Saint-Armand et de sa proximité avec l’échangeur projeté, il serait opportun avant toute intervention dans ce secteur que le ministère des Transports consulte les propriétaires, la municipalité de Saint-Armand ainsi que le ministère de la Culture et des Communications afin de s’assurer que les travaux ne compromettent pas la mise en valeur des lieux ». (Avis 33, p. 109)
Jusqu'à maintenant, ce projet de développement est entièrement contrôlé par le ministère des Transports du Québec. Or, l'aménagement des deux premières sorties de l'autoroute 35 sera particulièrement déterminant pour l'avenir de Saint-Armand et de sa population.
Pris en charge et revitalisé par le milieu, ce passage unique pourrait devenir très concrètement un trait d'union entre Philipsburg et Saint-Armand, entre le passé et le présent, entre anglophones et francophones, entre l'eau et la terre...
Mais qu'adviendra-t-il si l'aménagement de cet axe de développement névralgique est laissé au MTQ et à quelques promoteurs immobiliers privés? J'y pense chaque fois que j'emprunte l'autoroute 10 et que je vois annoncée la sortie Ange-Gardien... « Il n’est nullement question de transformer notre municipalité selon le modèle de Saint-Sauveur », avez-vous dit? 

samedi 25 décembre 2010

L'église : « ...tant que vous en aurez besoin. »

En cette nuit de Noël, il ne restait plus beaucoup de places libres dans l'église Notre-Dame-de-Lourdes. Cette année encore, on pouvait y assister à la traditionnelle messe de minuit précédée d'un joyeux concert donné par la chorale de Saint-Armand. Une messe peu conventionnelle à la façon sympathiquement fruste d'Éloi Giard, à la fin de laquelle nous avons eu droit aux voeux du maire et du représentant de la Fabrique, M. Robert Trempe. Et ce dernier d'ajouter : « Prenez le temps cette semaine de lire la lettre que vous adresse aujourd'hui la Fabrique, et d'y réfléchir; vous la trouverez dans vos bancs... »
(...)

« Cette église vous accueille cette nuit comme elle le fait les jours où sont célébrés les baptêmes, les funérailles et les diverses célébrations liturgiques. Elle vous accueille aussi pour des concerts ou d'autres manifestations culturelles.

Noël 2010
Crèche de l'église Notre-Dame-de-Lourdes


« Elle est aussi votre lieu d'accueil si un sinistre survient dans notre municipalité.

« C'est un bâtiment qui a plusieurs raisons d'être et qui tient à coeur « aux gens de la place ». En effet, c'est avec votre aide, vos encouragements, vos dons ou votre participation comme bénévole que nous tentons de la garder belle et accueillante.

« Par exemple, nous avons refait les portes, réparé temporairement le perron qui sera réaménagé. Une rampe d'accès pour personnes handicapées sera construite et la cheminée réparée. Une main courante permet maintenant de descendre au sous-sol (repeint il y a quelques années) par l'intérieur de façon plus sécuritaire. Les réservoirs d'huile ont été solidifiés. Et derrière l'église, il y a ce puits que nous avons fait creuser. Et tout près, le charnier et la croix du cimetière refaits il y a quelque temps.

« Encore une fois, rien de cela n'aurait été possible sans votre support et votre implication. Sans votre présence.

« Pourquoi évoquer tout cela cette nuit? Parce que l'église s'est faite belle encore une fois pour vous rappeler qu'elle vous accueille, comme elle continuera de le faire tant que vous en aurez besoin.

« Joyeuse fête dans votre église...

Carmen Larocque, présidente
Fabrique de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes
Il s'agit là d'une lettre importante à mes yeux. Ce n'est pas d'hier que l'avenir de nos églises me préoccupe; or, je sens ici une ouverture à réfléchir collectivement à cette question... et, qui sait, à en faire l'objet d'un débat public...

Sans leurs églises et leurs cimetières, Saint-Armand, Philipsburg et Pigeon Hill auraient-ils une âme? Sans leurs églises et leurs cimetières, les gens de Saint-Armand, Philipsburg et Pigeon Hill auront-ils encore à la fois ce sentiment d'appartenance et cet esprit d'indépendance qui les caractérisent?

C'est un non sens que nos églises soient presque abandonnées. À l'origine, avant de désigner un lieu de culte, le mot 'église' désignait un lieu de rassemblement.
Église : Du lat. vulg. eclesia, lat. chrét. ecclesia (empr. au gr. εκκλησια « assemblée de citoyens ») - Selon le dictionnaire du CNRTL
S'il est évident que le besoin de prier-ensemble n'est plus là, celui de se rassembler, du vivre-ensemble est toujours là. Mais quand et où à Saint-Armand? 'Nos' églises ayant perdu leur vocation cultuelle, la communauté à qui elles appartiennent ne pourrait-elle pas les affecter à des usages socio-culturels et en confier l'animation à des groupes de citoyens dynamiques? Je pense, par exemple, à une galerie d'arts visuels (groupe d'artistes), à un centre dédié à l'histoire locale (groupe interculturel d'aînés), à une chapelle oecuménique (groupe interreligieux), à une salle de concerts (groupe de mélomanes)... Mais qui en prendra l'initiative?

mercredi 27 octobre 2010

Accueil annonciateur?

Ce jour marque l'installation des panneaux de bienvenue sur les principales routes qui mènent à Saint-Armand (les routes provinciales). On y a mis le temps, mais c'est une plutôt belle réalisation.

Le choix de la gare toute pimpante ceinturée de son larmier d'antan comme emblème de notre municipalité surprend un peu. J'avais fait le même constat lors de la parution de la première édition de « La Voie municipale » qui arbore aussi ce symbole. À moins qu'il s'agisse là d'un choix annonciateur de la restauration prochaine de l'ancienne gare pour lui assurer un bel avenir? Je le souhaite vivement, sans quoi on pourrait n'y voir que vaine nostalgie passéiste...

MISE À JOUR : 2 novembre 2010
Vérification faite auprès des membres du Conseil municipal dont c'était l'assemblée mensuelle hier soir, il s'agit vraiment d'un symbole annonciateur de la restauration prochaine de l'ancienne gare, d'un symbole qui constitue en même temps un engagement. L'un d'eux confirme même que la question sera discutée lors du prochain budget... Wow!

jeudi 5 août 2010

Alerte citoyenne

Hier soir, c'était la soirée de consultation sur le Plan d'urbanisme de la municipalité de Saint-Armand. J'ai eu trop de mes dix doigts pour compter le nombre de citoyens et de citoyennes présents. Il est vrai que c'était la reprise de la consultation de l'an dernier... Deux préoccupations liées au zonage ont été exprimées : la catégorie attribuée à la pointe à l'extrême nord-est, en bordure de la baie Missisquoi, et celle dont fait l'objet le secteur où sera construit l'échangeur sud lors du parachèvement de l'autoroute 35.

Ouverture en 2016 (travaux à partir de 2013),
selon l'échéancier du ministère des Transports du Québec

Je me permets d'insister sur ce dernier point puisqu'il s'agit de ma propre intervention. Le secteur du futur échangeur sud est étiqueté Zone mixte, donc ouvert au développement commercial. Je trouverais insensé que les éléments patrimoniaux qui s'y trouvent, notamment les deux églises fondatrices de Philipsburg, soient éventuellement 'écrasés' par des constructions et un aménagement commercial à tous crins.
« Le secteur de Philipsburg est le plus ancien site de peuplement de la MRC et donc le berceau de la colonisation de Brome-Misssiquoi. L’ensemble est principalement structuré autour de la rue Montgomery et composé de grandes villas, d’églises et d’un noyau résidentiel. (Plan d'urbanisme de la municipalité de Saint-Armand - Projet, p. 26)
Les ensembles patrimoniaux adjacents à l'autoroute 35
sont-ils menacés de disparaître de notre paysage identitaire?

Or, c'est ce qu'il risque d'arriver si aucune restriction réglementaire n'est faite puisqu'il s'agira alors de la première sortie après le poste douanier, donc idéale pour les 'Tim Hortons' de ce monde... J'ai suggéré au Conseil municipal qu'il crée un groupe de travail pour étudier la question et faire les recommandations qui s'imposent pour protéger ce site unique sur notre territoire. Reste à voir si nos élus ont les mêmes préoccupations.
Mise à jour (24 octobre 2010)
Dans l'édition d'octobre-novembre du journal Le Saint-Armand, Guy Paquin nous fait part du point de vue de notre maire, Réal Pelletier, à ce sujet. Il y est fait mention d'un projet approuvé par les maires de la MRC visant à faire « de Saint-Armand la porte d'entrée privilégiée des touristes attirés par notre région », un centre d'interprétation de la région qui serait administré par et aux frais du ministère du Tourisme. Si vous êtes sérieux, Monsieur le Maire, voilà une belle occasion d'impliquer les citoyens dans l'élaboration de ce projet (par la formation d'un groupe de travail, par exemple) et d'informer la population au fur et à mesure de son avancement...

samedi 3 avril 2010

Un vendredi-saint oecuménique à Saint-Armand

Ce vendredi de la Semaine Sainte, 2 avril, en après-midi, les chrétiens de la région étaient invités à participer à une marche oecuménique du pardon et à la célébration de la Passion en s'arrêtant à chacune des églises et chapelle de Philipsburg. Thème : La Croix et une Création nouvelle.
13 h 30 Église Unie de Philipsburg (près de la Légion)
14 h 00 Église anglicane St. Paul (rue Montgomery)
14 h 30 Chapelle du manoir Philipsburg (rue Allen)
15 h 00 Église St-Philippe (rue Champlain)

Photos des églises : Inventaire des lieux de culte du Québec

Événement rassembleur riche de signification, s'il en est un, que nous avons rarement l'occasion de vivre ici...



jeudi 31 décembre 2009

Rapprochement et revitalisation

Mes voeux citoyens pour 2010 tiennent dans 2 mots : rapprochement et revitalisation. Rapprochement de notre monde; revitalisation de notre milieu ambiant.

Rapprochement
On ne se racontera pas d'histoire : ce n'est pas le coude à coude qui caractérise les Armandois... Notre diversité est une richesse mais en même temps source de dispersion et d'isolement, parfois même de méfiance. Mais quelque chose nous unit malgré tout : nous aimons Saint-Armand et nous croyons, chacun de notre bord, à son immense potentiel... justement à cause de cette incroyable diversité.
Je souhaite donc que 2010 nous rapproche, Armandois et Armandoises. Nous fournisse des occasions de rapprochements pour nous mieux connaître et pour nous entraider. Je souhaite que le journal local poursuive sa contribution en ce sens; je souhaite que le Conseil encourage et soutienne les initiatives communautaires; je souhaite que le site Web de la municipalité s'anime et devienne un espace rassembleur avec l'avènement prochain de la haute vitesse partout sur notre territoire; je souhaite que soit amorcé le projet unificateur d'un sentier est/ouest pour vélos et piétons afin de faciliter notre 'voisinage'...

Revitalisation
C'est un secret de polichinelle : Saint-Armand fait figure de 'parent pauvre' dans la MRC de Brome-Missisquoi où elle est étiquettée comme municipalité dévitalisée. Et pourquoi s'en cacher? C'est un fait bien démontré dans le plan d'urbanisme local voté en 2009. C'est un fait, mais c'est en même temps un formidable défi à relever : celui de la revitalisation de notre milieu.
Je souhaite qu'en 2010 nous nous attelions collectivement à la revitalisation de Saint-Armand. Revitaliser Saint-Armand : lui redonner sa vitalité, son pouvoir d'attraction, activer son potentiel de développement tout en conservant son caractère champêtre... Je souhaite qu'avec l'Organisme de bassin versant baie Missisquoi nous poursuivions la revitalisation du lac et de ses tributaires; je souhaite qu'avec nos élus nous travaillions à la revitalisation de notre patrimoine bâti, nos vieilles églises, notre ancienne gare, pour qu'elles redeviennent des lieux de rassemblement et d'échanges; je souhaite que nous trouvions des formules originales pour encourager les producteurs et les commerçants d'ici, bref, que nous revigorions notre économie locale...
J'ajoute un souhait très particulier : que les membres du Comité directeur du Carrefour culturel de Saint-Armand puissent poursuivre la tradition qu'ils ont eux-même initiée avec M. Robert Trempe des concerts à l'église Notre-Dame-de-Lourdes, soit Le chant des Frontières et Les concerts Hors les murs du Conservatoire.

Bonne et heureuse année 2010!

mardi 4 août 2009

'Petit' Conseil

Un peu plus et il n'y avait pas quorum hier soir, à l'assemblée du Conseil municipal... qui a débuté à 20 heures avec le maire et seulement trois de ses six conseillers, en présence d'une dizaine de patients citoyens. À l'ordre du jour, surtout des affaires courantes. Mais, comme c'est souvent le cas, une période de questions animée.

Principaux sujets abordés : Internet haute vitesse (encore un peu de patience, ça s'en vient et pas avec n'importe quelle technologie!), location d'une partie de l'ancienne gare à des fins commerciales (le projet de restauration n'est cependant pas abandonné, nous dit-on...), expansion d'une industrie de copeaux dans le Dutch (une affaire qui fait du bruit! un peu trop même, selon le voisinage...), installation de lampadaires aux coins des chemins Saint-Armand et Pelletier nord et sud (c'est au stade de l'évaluation des coûts; peut-être l'an prochain?).

Le suivi du projet « Nouveaux horizons à Saint-Armand » s'est fait à la toute fin de l'assemblée. S'y est greffée une surprise qui valait l'attente : une intervention du conseiller Richard Desourdy recommandant au comité du projet de persister même si la subvention fédérale n'était pas accordée... Le budget municipal pour 2010 du Conseil alors nouvellement élu pourrait venir à la rescousse : « Il serait insensé de laisser tomber le monde qui s'implique dans ce projet! ». Wow!

mardi 7 juillet 2009

Une assemblée coûteuse, mais sans histoire

Nous étions une dizaine hier soir venus assister à l'assemblée publique du Conseil municipal. Un gros contraste avec celle du mois dernier où nos élus avaient été vivement interpelés par une imposante délégation de citoyens de Philipsburg. Les circonstances de la noyade du jeune Alexandre Côté leur faisaient remettre en question l'équipement ainsi que la rapidité d'intervention des secouristes et exiger des correctifs pour qu'un tel drame ne puisse plus arriver.

Étrangement, hier soir, pas un mot à ce sujet. Ou plutôt si, indirectement. On nous a appris que les premiers répondants ont secouru en fin de semaine dernière une famille dont le bateau flottait à la dérive sur la baie Missisquoi à la suite d'une panne de moteur, et risquait de couler à tout moment à cause des fortes vagues.

Est-ce qu'on a tiré des leçons de la noyade d'Alexandre? Est-ce que certaines choses ont été améliorées pour qu'un tel événement ne se reproduise plus? Ni moi ni personne n'ont osé le demander durant la période de questions...

Ni moi ni personne d'autre non plus n'ont osé demander ce qui advient du projet de restauration de l'ancienne gare qui, aux dernières nouvelles, s'annonçait trop coûteux... Le projet est-il abandonné? On peut se le demander puisque le Conseil a accepté unanimement de procéder à la location d'un des locaux de ce bâtiment patrimonial à des fins commerciales!

Pas d'argent pour la restauration de notre patrimoine bâti; mais de l'argent pour paver deux bouts de chemins secondaires sur une longueur de 687 mètres, pour lesquels nos élus ont alloué une somme approchant les 200 000 $...

Quant à Internet haute vitesse pour les ruraux, il faudra encore patienter : l'ingénieur chargé de rédiger le devis est en vacances et la municipalité n'a toujours pas eu de réponse à la demande de subvention gouvernementale.

mercredi 3 juin 2009

Les églises de Philipsburg

Avec l'ancienne gare et quelques 'vieilles demeures'*, les églises survivantes de Philipsburg, Saint-Armand et Pigeon Hill sont à peu près les seuls vestiges bâtis préservés et bien visibles de l'histoire de Saint-Armand. Une histoire discrète, caractérisée par la diversité d'origine de ses pionniers.

Appuyée financièrement par le Conseil municipal, la Société d'histoire de Frelighsburg a récemment installé un panneau d'interprétation devant chacune des églises de nos deux municipalités et produit un dépliant touristique pour en faire la promotion : La tournée des Églises frontalières - Frelighsburg et Saint-Armand. Géographiquement, ces églises sont toutes localisées à proximité du Chemin Saint-Armand.

À lui seul, le village de Philipsburg, à l'extrémité ouest du Chemin, en compte trois : celle de l'Église catholique, celle de l'Église anglicane et celle de l'Église unie du Canada (United Church).
L'église Saint-Philippe, aussi désignée sous le nom de Sanctuaire Notre-Dame-du-Laus : c'est une église paroissiale catholique toute simple, construite en bois; c'est la plus jeune des trois (1921); et on y faisait jusqu'à récemment encore des pèlerinages.

L'église St. Paul : une église anglicane qui a du style et dont la construction en briques remonte à 1897; mais d'autres l'ont précédée puisque la paroisse a été fondée en 1810.

L'église Philipsburg United : construite en pierres sur flanc de colline entre 1819 et 1821, plus exactement en marbre blanc extrait de la carrière de marbre d'à côté, une carrière qui a fait la fierté de Philipsburg jusqu'au milieu du siècle dernier.
L'église Unie me réservait une surprise. Un jeune homme s'est approché pendant que j'étais attentif à lire le panneau nouvellement installé.
- Aimeriez-vous visiter?, me dit-il.
- Bien sûr. Il y a là des photos ici qui donnent le goût d'y entrer...
- Je vais avertir ma mère; elle va vous servir de guide.

Quelque minutes après, une dame aux cheveux gris sort de la grande maison attenante et s'amène devant l'église avec son trousseau de clés bien en évidence.
- Venez! Entrez.
- C'est ma première vraie visite d'une église protestante, vous savez.
- Assoyez-vous dans un des bancs; vous verrez mieux...
- C'est comme si c'était plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur!

Et, de question en réponse, j'ai appris qu'un des vitraux avait été donné à la paroisse (alors méthodiste) par sa famille, les Symington, que le jubé avait servi de refuge aux soldats loyalistes pendant la Rébellion de 1837, qu'un service religieux était encore célébré le cinquième dimanche des mois qui en comptent 5, que les paroissiens étaient à la recherche d'un pasteur attitré, que la construction prochaine de l'échangeur de l'autoroute 35, juste en face, semait des inquiétudes quant à l'avenir de la plus ancienne église de la région... Et j'aurais appris bien d'autres choses si je m'étais arrêté à un autre moment de la journée que l'heure du souper!

Une bonne idée que ces panneaux d'interprétation des églises frontalières! Plus encore, expérience faite, tout un privilège que de pouvoir entrer dans une église 'autre' et avoir l'impression de vivre à une autre époque pendant un moment, en toucher le mobilier, en sentir l'odeur de passé, entendre, avec un peu d'imagination et en se rappelant Les contes d'Avonlea, entendre quelque hymne religieux chanté en vieil anglais, accompagné à l'harmonium...

Merci pour cette visite, Madame Symington!
Et bravo à la Société d'histoire de Frelighsburg pour cette initiative qui ravive nos églises!

À la suite de ma trop courte visite, j'ai voulu en savoir plus sur l'histoire de cette église classée 'exceptionnelle' par le ministère de la Culture et des Communications du Québec :
  • Extrait de l'inventaire des lieux de culte du Québec, région de la Montérégie, par le ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2003, 16 pages et annexes. (PDF - 4159 Ko) : document remis au BAPE lors de la consultation publique sur le parachèvement de l'autoroute 35.
  • « UNDERGROUND HEAVEN : A Methodist church in Quebec was once the end of the line for fugitive slaves from the American South », par Robert J. Galbraith dans Leaderpost.com, édition du 3 mars 2009 : " If its walls could speak, the 190-year-old church would tell tales of unfathomable courage, determination, hope, and a love and sacrifice for our fellow man that is rarely witnessed. "
-----------------------
* Les 'vieilles demeures' font l'objet d'une série d'articles signés Jean-Pierre Fourrez dans le journal Le Saint-Armand : « Patrimoine et vieilles demeures ».

samedi 23 mai 2009

Consultation? Vraiment?

En écoutant samedi dernier Stéphane Beaulac nous rappeler que les municipalités n'ont aucune existence constitutionnelle, qu'elles sont des créatures des provinces, qui leur confèrent les pouvoirs qu'elles veulent bien leur déléguer et ce, dans un cadre de règlementation bien défini, je m'étais demandé si la première cause du peu d'intérêt des citoyens pour le municipal n'était pas justement cette absence de pouvoir réel.

L'assemblée publique de 'consultation' sur le projet de plan d'urbanisme de Saint-Armand vient d'en faire la démonstration. Les véritables détenteurs du pouvoir municipal, ce sont les experts de la MRC et des différents ministères provinciaux.

1er exemple :
la primauté du schéma d'aménagement de la MRC

Le Plan d'urbanisme de Saint-Armand a été élaboré par la MRC conformément à son schéma d'aménagement dûment approuvé par la Ministre. Ce qui découle de ce schéma n'est donc pas localement objet de consultation puisque déjà en vigueur depuis septembre dernier dans toute la MRC Brome Missisquoi. Allez ensuite savoir sur quoi exactement on consulte le monde de Saint-Armand... Des détails.

2e exemple :
le patrimoine bâti protégé selon le choix des experts

Je suis particulièrement sensible au respect du patrimoine armandois. J'ai donc réagi en voyant que l'église Notre-Dame-de-Lourdes et l'ancienne gare ne faisaient pas partie de l'Ensemble patrimonial St-Armand (voir la carte): « Est-il possible de les inclure dans l'ensemble patrimonial sur la carte de l'édition finale du Plan d'urbanisme? Ou, au moins, de les identifier comme étant des "éléments patrimoniaux reconnus au niveau régional" comme le sont le pont couvert, le cimetière communautaire et l’église anglicane de Pigeon Hill? », ai-je demandé. Réponse de la représentante de la MRC (réponse que je résume) : « Les ensembles patrimoniaux ont été proposés par des spécialistes dans le domaine, il y a d'ailleurs très longtemps; nous les avons repris tels quels ici. Je prends note de votre demande; nous verrons ce qu'il est possible de faire. »

Avec les quatre autres églises qui se trouvent sur le territoire de la municipalité, l'église Notre-Dame-de-Lourdes (1927) et l'ancienne gare (1864) représentent des chapitres majeurs de l'histoire de Saint-Armand (cette histoire qui reste encore à écrire**); leur importance patrimoniale locale est indéniable. Je me demande d'ailleurs pourquoi les membres du Conseil et du Comité consultatif d'urbanisme qui ont participé à la révision du Plan n'ont pas fait la même demande au moment de la préparation du document...

3e exemple :
le zonage 'industriel' obligatoire

L'aspect du Plan qui a provoqué le plus de réactions et le plus long débat durant l'assemblée de consultation, c'est l'espace que le plan de zonage doit obligatoirement prévoir pour l'industrie lourde dans un périmètre urbain. J'y reviendrai plus en détails.

__________________________
** Malgré quelques écrits décrivant certains événements historiques locaux -- comme le livre Missisquoi Bay, publié en 1950 par George H. Montgomery et les chroniques de Charles Lussier, plus récemment dans le journal Le Saint-Armand --, l'histoire complète de Saint-Armand reste à écrire.

lundi 5 septembre 2005

On vient (de loin) prier à Philipsburg

Face à la baie Missisquoi depuis 1921, au coeur de Philipsburg resté village malgré sa fusion avec Saint-Armand : le sanctuaire Notre-Dame-du-Laus. Discret, fermé, silencieux, modeste, presque austère : tout ce qu'il faut pour se faire oublier.

  

Pourtant, ce dimanche 4 septembre 2005, le voici ouvert, animé, accueillant, chaleureux... C'est que, comme chaque année à ce temps-ci, pour la 84e année donc, c'est le pèlerinage annuel à Notre-Dame-du-Laus de Philipsburg au Québec.

Un groupe de pèlerins est venu de Montréal accompagné d'un prêtre et de quelques religieuses pour prier la Vierge du Laus. Dès leur arrivée, ils assistent religieusement à la messe, prient sincèrement et chantent en choeur, écoutent la Parole leur rappeler pour la millième fois de s'aimer les uns les autres et de pardonner comme ils voudront l'être.

En sortant, coups d'oeil rapide sur les ex-voto laissés à l'arrière de l'église par des pèlerins reconnaissants d'antan, et regards intrigués de quelques-uns, nouveaux-venus sans doute, sur un étrange vêtement doré, immense, enchâssé comme pour en souligner l'importance, au bas duquel on peut lire :

Voile de la Vierge

Cette châsse contient une chape de drap d'or. Une dame de la noblesse française s'était appliquée pendant plusieurs années à broder ce manteau, puis l'avait offert en ex-voto au Laus de France. Pendant trente ans, il reposa sur les épaules de la statue de Notre-Dame du Laus, témoin muet de la bienveillance de notre bonne Mère.

C'est en 1930 que le Laus français l'offrit au Laus canadien pour marquer le lien de famille qui unit les deux sanctuaires. Ce manteau, même s'il n'est pas à proprement parler une relique, est sûrement chez nous un précieux témoin des bontés de notre Mère du ciel.

Après le repas, la centaine de pèlerins assiste à la projection d'une vidéo sur l'histoire du sanctuaire. Une bien vieille histoire qui remonte à 1664 -- à l'époque ou presque de Samuel de Champlain --, année où une petite fille de Laus dans les Hautes-Alpes française, appelée Benoîte, eut une première apparition de la Vierge. Une histoire incroyable mais qui doit bien être vraie puisque depuis ce temps on y a construit une basilique où viennent des centaines de milliers de pèlerins chaque année... La vidéo nous apprend aussi que c'est Mlle Louisia Riendeau qui en 1911 eut l'idée d'ouvrir un sanctuaire dédié à Notre-Dame-du-Laus à Philipsburg et qu'elle mit dix années à réaliser ce projet. Toute une histoire, celle-là aussi, que vous pouvez lire ici, racontée par M. Paul-Émile Archambault, qui s'occupe actuellement du sanctuaire. Dans les années 1950, je le tiens de l'ex-maire de Philipsburg maintenant doyen du village, il pouvait y avoir jusqu'à douze autobus de pèlerins à la fois venus manifester leur dévotion à la Vierge... À l'époque, c'était Mlle Fabiola Farley aidée de Mlle Lucie Dallaire qui s'occupait de tout, même d'en loger quelques-uns dans sa maison de pension!




Après tant d'images inspirantes, les deux groupes de pèlerins -- membres de la Fraternité eucharistique de Montréal et de l'Apostolat mondial de Fatima -- entreprennent la traditionnelle procession qui les mènera vers la grotte où auront lieu les prières à la Vierge des lieux. Un parcours on ne peut plus simple qui nous amène devant le Sanctuaire d'où, après avoir longé la baie toute calme, nous revenons à l'arrière, devant cette réplique du Laus en France où Benoîte vit et entendit la Vierge plus de 600 fois en 54 ans, selon l'histoire.


J'ai quitté les lieux à la fois intrigué, apaisé et fier. Intrigué par la foi manifeste de ces femmes et de ces hommes venus d'aussi loin que Laval exprès pour prier Notre-Dame-du-Laus, ici à Philipsburg au bord de la baie Missisquoi. Apaisé par les lieux mêmes, le beau temps, le lac tout calme et l'accueil des hôtes 'sans cérémonie'... Fier de constater qu'on peut venir de loin pour trouver ici la paix qui caractérise bien ce lieu trop méconnu de notre région paisible.