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vendredi 4 avril 2025

L'abandon inexplicable et inquiétant du parachèvement de l'A-35 à Saint-Armand

La dernière phase (4,5 km) du parachèvement de l'autoroute 35 est reportée sine die par le Ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec pour des raisons budgétaires. Il y avait pourtant une raison vitale de poursuivre les travaux de son parachèvement jusqu'à la frontière : sécuriser une fois pour toutes cette intersection de la route 133 et du chemin de Saint-Armand caractérisée par ses angles morts à la hauteur de la rue Montgomery. 

L'intersection actuelle de la route 133 (autoroute 35)
et du chemin de Saint-Armand

Capture d'écran : Google View

Chaque fois que je dois traverser la route à cet endroit — et je ne suis sans doute pas le seul... —, me revient le souvenir du terrible accident arrivé en mars 2012, alors qu'un de nos concitoyens, Rudolph Tchadej, y a perdu la vie au moment où il venait de s'engager vers la route 133 sud, son véhicule ayant été percuté violemment par un semi-remorque. 

Treize années plus tard, la recommandation de l'ex-coroner Michel Ferland de sécuriser l'endroit est demeurée lettre morte. « Et à partir de maintenant, Madame la Ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault et Madame la Ministre du Sport, du Loisir et du Plein air, Isabelle Charest, députée de Brome-Missisquoi, combien de temps encore continuerons-nous à y risquer notre vie ? »

Lire aussi : Et si le Ministère des Transports faisait place au Ministère de la Mobilité durable ?


MISE À JOUR : 2025-05-09 

Extrait du Procès-verbal (p. 25) de l'assemblée publique du Conseil municipal de la Municipalité de Saint-Armand tenue le 7 avril 2025

Résolution 25-04-138 

DEMANDE DE RENCONTRE AU MINISTÈRE DES TRANSPORTS ET DE LA MOBILITÉ DURABLE CONCERNANT LE RETRAIT DU PROJET DE PROLONGEMENT DE L’AUTOROUTE 35 
  • Considérant que la Municipalité de Saint-Armand a appris par l’article publié dans Le Canada Français le 3 avril 2025, intitulé « L’échangeur et le prolongement de la 35 tombent à l’eau », que le gouvernement du Québec a retiré du Plan québécois des infrastructures (PQI) 2025– 2035 la phase IV du prolongement de l’autoroute 35, entre Saint-Armand et la frontière américaine; 

mardi 11 juillet 2023

Et si le Ministère des Transports faisait place au Ministère de la Mobilité durable?

Nouveau chapitre de la saga Parachèvement de l'autoroute 35. Le nouvel aménagement proposé par le MTMDQ pour la phase IV (terminale) des travaux a été rejeté par notre Conseil municipal lors de la séance régulière de juillet. On n'a qu'à lire les considérants et attendus de la proposition votée par le Conseil pour en arriver à la même conclusion. 

Entre l'aménagement proposé et le poste frontalier, 
le Sanctuaire d'oiseaux et l'étang Streit.

Il y a pourtant une option simple et harmonieuse. La vitesse maximum étant, selon l'aménagement proposé, réduite à 70 km/h, pourquoi ne pas tout simplement faire de ces derniers/premiers kilomètres de l'A-35 un boulevard 'urbain' avec feux de circulation programmés en fonction de la circulation? Un boulevard avec terre plein central, sans demi-tours (devenus inutiles), aménagé en harmonie avec le paysage environnant? Il s'agirait là d'un bel exemple de mobilité durable que non seulement les riverains apprécieraient mais aussi les centaines d'espèces d'oiseaux qui nichent dans le sanctuaire voisin... 

mercredi 27 avril 2022

222,9 millions de $ plus tard...

« La commission conclut que le parachèvement de l’autoroute 35 n’est justifié que sur une partie de son parcours entre Saint-Jean-sur- Richelieu et la frontière américaine, particulièrement en raison des débits de circulation actuels et projetés. Elle estime qu’aucune des variantes examinées pour le segment entre Saint-Sébastien et la partie nord de Saint-Armand n’est acceptable, tant sur le plan de l’économie que de la protection du milieu biophysique et du milieu agricole. Elle propose que soit évaluée, en priorité et avec les collectivités touchées, la possibilité d’améliorer de façon substantielle la route 133 dans ce secteur plutôt que de construire un segment autoroutier. Elle invite le ministère des Transports à minimiser l’atteinte à la zone agricole et au milieu biophysique et propose plusieurs modifications au projet dans le but de le bonifier. »

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)
Projet de parachèvement de l’autoroute 35 entre Saint-Jean-sur-Richelieu et la frontière américaine — Rapport d’enquête et d’audience publique, p. 3
Mars 2006


« Le coût global pour la réalisation de la phase III du projet est de 222,9 M$ ».
L'échangeur sud (simulation)
La réalité risque d'être très différente,
si on en juge par le chantier en cours.
 
Coût du segment entre le nord de Saint-Armand et la frontière américaine (phase IV du projet)? Il « sera précisé lorsque l’ensemble des études pour celle-ci sera terminé et que les autorisations gouvernementales auront été obtenues. »

Ministère des Transports du Québec (MTQ)
Autoroute 35 entre Saint-Jean-sur-Richelieu et la frontière américaine – Construction

Un investissement total qui approchera le demi-milliard de $, une fois les travaux terminés... pour que l'A-35 rejoigne la frontière américaine à partir de Saint-Sébastien! Est-ce que la proposition des commissaires du BAPE « que soit évaluée, en priorité et avec les collectivités touchées, la possibilité d’améliorer de façon substantielle la route 133 dans ce secteur plutôt que de construire un segment autoroutier » a été envisagée par le MTQ?  Pas à ma connaissance, en tous cas; et si oui, en catimini.

Et c'est là que je veux en venir : 
  • Quelles seront les répercussions d'un projet autoroutier aussi démesuré sur l'avenir de Saint-Armand? Le MTQ s'en fiche éperdument. 
  • Mais qu'en est-il de nos élus? Le Conseil municipal est-il partie prenante de ces 'études'? Quelle est sa vision? 
  • Et qu'en pense maintenant la population actuelle de Saint-Armand (le rapport du BAPE date d'il y a plus de 15 ans!)? Sera-t-elle consultée au cours de ces 'études'?
Notre indifférence, malheureusement quasi généralisée jusqu'à maintenant, augure mal et risque de nous coûter cher... socialement.

Quel Saint-Armand voulons-nous transmettre aux générations qui viennent? Avec la Phase IV, c'est en grand partie l'avenir de Saint-Armand et de son développement qui se jouera; ça nous concerne donc dès maintenant. Non?


jeudi 10 octobre 2019

L'autoroute 35 bientôt prolongée jusqu'à Saint-Armand

C'est officiel depuis hier, les travaux pour le prolongement de l'autoroute 35 reprendront l'an prochain; l'ouverture du segment entre l'échangeur avec la route 133 à Saint-Sébastien jusqu'à l'échangeur prévu au nord de Saint-Armand est annoncé pour 2023.

L'échangeur et le carrefour giratoire prévus à l'entrée nord de Saint-Armand.
(Simulation : site Web du MTQ)

De gros travaux en vue pour les entrepreneurs de la région : cette phase III du parachèvement comprend en effet d'importantes structures dont un pont d'étagement enjambant la route 202 et un pont au-dessus de la rivière aux Brochets à Pike River, ainsi qu'un échangeur et un carrefour giratoire à la jonction de l'avenue Champlain et de la route 133 à l'entrée nord de Saint-Armand.

Quant au dernier segment (phase IV), on peut se demander s'il est encore dans les plans du ministère des Transports, les quatre voies de la route actuelle suffisant amplement considérant l'achalandage... Reste à voir quel sera l’achalandage en 2023 et, dans l’hypothèse d’un accroissement, comment on pourra assurer la sécurité des résidents à l'unique intersection non protégée — Quinn-Montgomery — avant le poste frontalier, intersection déjà classée comme étant 'accidentogène', si on retarde sine die  la construction de l’échangeur sud prévu à cet endroit. (Rapport du BAPE (2006), chapitre 6).


mercredi 28 mars 2012

Développement contrôlé? Mais par qui?

« ... il n’est nullement question de transformer notre municipalité selon le modèle de Saint-Sauveur par exemple. Toutefois, sans un développement contrôlé, nous ne pourrons maintenir, et encore moins, développer les services de proximité dont nous avons grandement besoin. Je crois fermement que c’est en conjuguant tous les atouts et forces de notre communauté que nous réussirons à améliorer notre qualité de vie. J’aime aussi à penser que vous êtes tous avec nous, les membres de votre Conseil, pour un avenir meilleur. » (Réal Pelletier)
Mot du maire, La voie municipale, mars 2012


Les échangeurs sud et nord à Saint-Armand en 2017,
selon une simulation du ministère des Transports du Québec. 
Notre maire parle d'un développement 'contrôlé. La question qui tue : Un développement contrôlé par qui et selon quelles priorités?
En lisant le 'Mot du maire', je me suis rappelé deux recommandations des commissaires du BAPE dans leur rapport final sur le Projet de parachèvement de l'autoroute 35 :
« La commission [...] invite la municipalité de Saint-Armand à travailler de concert avec le ministère des Transports afin d’améliorer la sécurité du chemin de Saint-Armand et la quiétude des lieux, dans le respect des caractéristiques paysagères qui en font un attrait touristique reconnu par la MRC de Brome-Missisquoi et partie intégrante des circuits "Paysages pittoresques" et "Tranquillité légendaire" ». (Avis 34, p. 110)
« La Commission est d'avis que, compte tenu de la grande vulnérabilité du noyau de bâtiments à caractère patrimonial de Saint-Armand et de sa proximité avec l’échangeur projeté, il serait opportun avant toute intervention dans ce secteur que le ministère des Transports consulte les propriétaires, la municipalité de Saint-Armand ainsi que le ministère de la Culture et des Communications afin de s’assurer que les travaux ne compromettent pas la mise en valeur des lieux ». (Avis 33, p. 109)
Jusqu'à maintenant, ce projet de développement est entièrement contrôlé par le ministère des Transports du Québec. Or, l'aménagement des deux premières sorties de l'autoroute 35 sera particulièrement déterminant pour l'avenir de Saint-Armand et de sa population.
Pris en charge et revitalisé par le milieu, ce passage unique pourrait devenir très concrètement un trait d'union entre Philipsburg et Saint-Armand, entre le passé et le présent, entre anglophones et francophones, entre l'eau et la terre...
Mais qu'adviendra-t-il si l'aménagement de cet axe de développement névralgique est laissé au MTQ et à quelques promoteurs immobiliers privés? J'y pense chaque fois que j'emprunte l'autoroute 10 et que je vois annoncée la sortie Ange-Gardien... « Il n’est nullement question de transformer notre municipalité selon le modèle de Saint-Sauveur », avez-vous dit? 

jeudi 5 août 2010

Alerte citoyenne

Hier soir, c'était la soirée de consultation sur le Plan d'urbanisme de la municipalité de Saint-Armand. J'ai eu trop de mes dix doigts pour compter le nombre de citoyens et de citoyennes présents. Il est vrai que c'était la reprise de la consultation de l'an dernier... Deux préoccupations liées au zonage ont été exprimées : la catégorie attribuée à la pointe à l'extrême nord-est, en bordure de la baie Missisquoi, et celle dont fait l'objet le secteur où sera construit l'échangeur sud lors du parachèvement de l'autoroute 35.

Ouverture en 2016 (travaux à partir de 2013),
selon l'échéancier du ministère des Transports du Québec

Je me permets d'insister sur ce dernier point puisqu'il s'agit de ma propre intervention. Le secteur du futur échangeur sud est étiqueté Zone mixte, donc ouvert au développement commercial. Je trouverais insensé que les éléments patrimoniaux qui s'y trouvent, notamment les deux églises fondatrices de Philipsburg, soient éventuellement 'écrasés' par des constructions et un aménagement commercial à tous crins.
« Le secteur de Philipsburg est le plus ancien site de peuplement de la MRC et donc le berceau de la colonisation de Brome-Misssiquoi. L’ensemble est principalement structuré autour de la rue Montgomery et composé de grandes villas, d’églises et d’un noyau résidentiel. (Plan d'urbanisme de la municipalité de Saint-Armand - Projet, p. 26)
Les ensembles patrimoniaux adjacents à l'autoroute 35
sont-ils menacés de disparaître de notre paysage identitaire?

Or, c'est ce qu'il risque d'arriver si aucune restriction réglementaire n'est faite puisqu'il s'agira alors de la première sortie après le poste douanier, donc idéale pour les 'Tim Hortons' de ce monde... J'ai suggéré au Conseil municipal qu'il crée un groupe de travail pour étudier la question et faire les recommandations qui s'imposent pour protéger ce site unique sur notre territoire. Reste à voir si nos élus ont les mêmes préoccupations.
Mise à jour (24 octobre 2010)
Dans l'édition d'octobre-novembre du journal Le Saint-Armand, Guy Paquin nous fait part du point de vue de notre maire, Réal Pelletier, à ce sujet. Il y est fait mention d'un projet approuvé par les maires de la MRC visant à faire « de Saint-Armand la porte d'entrée privilégiée des touristes attirés par notre région », un centre d'interprétation de la région qui serait administré par et aux frais du ministère du Tourisme. Si vous êtes sérieux, Monsieur le Maire, voilà une belle occasion d'impliquer les citoyens dans l'élaboration de ce projet (par la formation d'un groupe de travail, par exemple) et d'informer la population au fur et à mesure de son avancement...

lundi 5 octobre 2009

Parlant de vision...

Retour à la normalité démocratique locale : il y aura des élections municipales dans un mois à Saint-Armand. Et c'est une équipe complète de nouveaux candidats qui présente une alternative aux candidats sortants; il y aura donc des élections non seulement à la mairie, mais pour chaque poste de conseiller. Les nouveaux candidats se présentent comme étant « une équipe, une vision ». Verrons-nous deux équipes avec deux visions différentes? Serons-nous face à un véritable choix? Les jours qui viennent nous le diront. Je suis curieux de voir quelles seront les priorités de chacun des candidats. Car les dossiers importants ne manquent pas à Saint-Armand, mesdames, messieurs.
  • Communication avec les citoyens : information, consultation, participation...
  • Revitalisation de la municipalité pour que nous perdions notre titre de 'municipalité dévitalisée'.
  • Problèmes liés à l'eau : récupération des eaux usées des résidences de nos villages; l'érosion des berges de nos cours d'eau...
  • Environnement : mesures d'incitation au recyclage et au compostage...
  • Qualité de vie : interdit de circulation des véhicules lourds dans les zones habitées, contrôle de la vitesse sur nos chemins, atténuation des bruits industriels...
  • Paysages : accessibilité au lac, protection de nos arbres...
  • Sécurité publique : équipement de nos pompiers et de nos secouristes, entretien de nos chemins...
  • Patrimoine bâti : avenir de nos églises, restauration de l'ancienne gare, mise en valeur de nos lieux historiques...
  • Parachèvement de l'autoroute 35 : intégration au paysage, zonage de protection, contrôle du développement commercial et industriel...
  • Communauté : liens entre nos villages et hameaux, places publiques, soutien aux initiatives communautaires...
  • Arts et culture : promotion de nos artistes et de nos artisans...
  • Administration : maintien d'un taux de taxation raisonnable, contrôle des dépenses, transparence comptable...
  • Économie locale : mesures d'encouragement à la création d'emplois locaux, promotion de nos fermes, de nos commerces et de nos industries, aide à la commercialisation de nos produits locaux...
Je serais aussi curieux de connaître les priorités de mes concitoyennes et concitoyens...

mercredi 31 mai 2006

À l'approche d'une décision politique concernant le parachèvement de l'autoroute 35...


DE Saint-Armand sur le Web
Lettre ouverte du groupe Mieux que la 35

Projet de parachèvement de l'autoroute 35 entre la frontière américaine et Saint-Jean-sur-Richelieu : Les interventions devant le BAPE remettent en question le projet du gouvernement

Depuis le 14 mars dernier, le Ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs a en main les recommandations du BAPE sur le projet de parachèvement de l'autoroute 35 entre la frontière américaine et Saint-Jean-sur-Richelieu. Il est permis de croire que dans son analyse, le BAPE a remis en question la pertinence de ce projet. Voyons pourquoi :

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) prétend que la construction de l'autoroute 35 permettra d'améliorer les points suivants : la sécurité routière, la fluidité du transport sur l'axe Montréal-Boston, la qualité de vie des riverains de la route 133 et le tourisme. À la mi-décembre, le BAPE a entendu les positions des différents groupes et citoyens.

À ce jour, les intervenants en faveur du projet sont : la Chambre de commerce et la ville de St-Jean-sur-Richelieu, la municipalité de Saint-Alexandre, la Corporation bassin versant de la baie Missisquoi (CBVBM), le syndicat de l'UPA de Venise et quelques agriculteurs dont les terres bordent la 133. Ils ont repris à leur compte les justifications du promoteur. Cependant, la Chambre de Commerce a admis qu'aucune étude n'appuie ses prétentions. La ville de Saint-Jean sur-Richelieu a annoncé qu'un projet d'agrandissement de son parc industriel borderait la nouvelle autoroute, englobant quelques fermes près des limites de la ville. Pour la CBVBM, « une autoroute c'est loin d'être un cadeau ». Aussi, il faudrait qu'elle soit accompagnée de nombreuses compensations pour être acceptée par le milieu. Elle a entre autre proposé un tracé alternatif encore plus près de la rivière aux Brochets, adossée à une réserve écologique. Ce tracé est à l'intérieur de la zone inondable 0-20 ans et cela, en contradiction avec la Politique de protection des rives, du littoral et des zones inondables du Québec. Enfin, des agriculteurs en faveur du projet ont aussi affirmé que le tracé proposé par le MTQ était inacceptable. Nous constatons, d'entrée de jeu, qu'il y a de l'ambivalence, des compromis et des visions qui s'entrechoquent. Malgré que ces intervenants soient en faveur du projet, ils soulèvent que la construction de la 35 entraînerait des pertes coûteuses de terres agricoles et proposent des alternatives ayant des conséquences environnementales à tout le moins inconnues, pour ne pas dire inquiétantes.

Plusieurs intervenants n'ont pas pris position sur le projet dans son ensemble mais ont plutôt insisté sur certains éléments perçus comme ayant des impacts positifs ou négatifs. Nous avons relevé comme principal élément perçu comme étant positif que le projet d'échangeur pourrait améliorer le lien avec une partie de Philipsburg, le secteur séparé du reste de la municipalité de St-Armand par la route 133. Les autres intervenants ont ciblé des impacts plutôt négatifs ou inquiétants.

Des conséquences environnementales

Les écologistes et regroupements environnementaux rappellent l'état déjà critique de la déforestation de la région et l'importance de protéger les boisés restants. Ils soulèvent l'effet rebond de la perte des terres agricoles qui à son tour fera une pression accrue sur les boisés. Partout le long du tracé, en plus de l'autoroute elle-même, les échangeurs et bretelles d'accès ainsi que le parc routier et la construction d'un pont sur la rivière posent de toute évidence de sérieux problèmes.
Delta de la rivière aux Brochets

DELTA DE LA RIVIÈRE AUX BROCHETS

Souhaitons que l'harmonie de notre région
sera préservée de l'agression de l'autoroute 35. (Claude Benoit)


Photo prise le 13 octobre 1998 par Martin Léveillé,
ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNF);
reproduite avec la permission de l'auteur

Il y aurait perturbation et destruction d'habitats fauniques exceptionnels et reconnus prioritaires selon la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. On y retrouve : tortue molle à épines (espèce menacée), jonc rare, héron vert, butor d'Amérique, frayère aux brochets, site de nidification et de repos pour la sauvagine (canard pilet, noir et colvert) et plusieurs hectares de forêts exceptionnelles dans certain cas. Ce territoire inclut aussi un Refuge d'oiseaux migrateurs qui a été proposé comme Réserve mondiale de biosphère du lac Champlain en 1990. Enfin, certains font remarquer que la construction d'une nouvelle autoroute ne peut que faire augmenter le problème criant de pollution causée par les gaz à effet de serre. Le Mouvement écologique du Haut-Richelieu a fait remarquer que la région de Saint-Jean-sur-Richelieu avait davantage besoin d'un train de banlieue vers Montréal, que d'une autoroute vers les États-Unis.

L'impact pour le milieu agricole


La Fédération de l'UPA de Saint-Hyacinthe a été la première à questionner la pertinence du projet, se demandant d'entrée de jeu, si l'achalandage prévu justifiait la construction d'une autoroute et également si l'on ne pouvait pas rendre la 133 plus sécuritaire, évitant la perte de centaines d'hectares de terres agricoles de qualité exceptionnelle. Le syndicat des Pré Verts, qui représente un grand nombre d'expropriés dans ce projet, a débuté son intervention de la façon suivante : « bien qu'il ne soit pas en total désaccord » avec le projet, notre syndicat « croit que le tracé retenu ne rencontre pas les préoccupations du milieu agricole ». Le syndicat Des Frontières a annoncé qu'il s'opposera au projet si celui-ci ne tient pas compte des exigences des agriculteurs. Plusieurs agriculteurs ont souligné que le projet les priverait directement de plusieurs hectares d'une terre de très grande qualité, tout en compliquant l'accès à leurs champs. Ils ont souligné que les solutions proposées par le MTQ pour faciliter cet accès semblaient le plus souvent peu pratiques et coûteuses.

Les conséquences économiques


Pike-River et Saint-Sébastien se disent très inquiètes pour leur économie locale. Les commerçants entrevoient une diminution importante de leurs activités si le projet se concrétise. À plus large échelle, plusieurs groupes et citoyens jugent que cet investissement faramineux est non justifié. Ils soulèvent que le Québec est déjà largement endetté et que le réseau routier de notre région est en piètre état par manque de budget pour l'entretien. Voulons-nous transférer cette dette aux générations futures?

L'impact touristique pour la région


Considérant la valeur de plus en plus recherchée de l'éco-tourisme, du cachet des routes panoramiques et de la quiétude, notre région possède un potentiel touristique non négligeable. La 35 serait un frein au développement touristique et économique.

Et la sécurité routière dans tout cela...

Plusieurs se demandent si en améliorant la sécurité sur la 133, on peut éviter la construction de l'autoroute 35. Quelques mémoires ont fait remarquer, preuve à l'appui, que les problèmes de sécurité sur la 133 découlaient de situations ponctuelles et d'entretien déficient. Ils sont d'avis qu'il faut solutionner les causes d'accident plutôt que de construire une nouvelle autoroute qui ne peut offrir une garantie d'être plus sécuritaire. Des alternatives sont proposées.

La qualité de vie sera détériorée

Des citoyens habitants le long du tracé projeté ont fait remarquer que leur quiétude serait directement affectée par cette autoroute, alors que d'autres du quartier Saint-Gérard ont souligné que des situations déjà intolérables le long de la 35 tardaient à être solutionnées. À Saint-Armand on s'inquiète de la construction d'un échangeur près du coeur du village de Philipsburg.

Des opposants au projet

Le groupe « 35 X NON », la municipalité de Pike-River et quelques particuliers ont souligné de façon rigoureuse que tout le projet était non justifié. Ils ont recommandé que l'accent soit mis carrément sur les améliorations de la 133 et des autres routes de la région qui en ont bien besoin. Que la 133, route à trois voies, était à même de favoriser la co-utilisation entre ses différends utilisateurs. Ils ont démontré qu'il était possible d'améliorer la qualité de vie sur la 133. Ils ont noté que les améliorations pourraient se faire pour un montant infiniment plus raisonnable que les 250 millions estimés pour le parachèvement de la 35. Ils ont insisté aussi sur l'importance d'avoir une vision globale des communications en Montérégie. Ils ont demandé l'abandon du projet. Certains ont même demandé qu'on envisage la rétrocession des terres expropriées pour celui-ci.

Les justifications du MTQ ne tiennent pas la route

Nous estimons que le MTQ a défendu son projet de façon peu convaincante. Ainsi, il a reconnu que Boston était déjà bien desservi par le réseau des autoroutes 10, 55, 91 et 93. De même il a démontré que la 133 répondait adéquatement aux besoins régionaux, présents et futurs, avec un niveau de sécurité globalement comparable aux autres routes du Québec. De plus, il a fait remarquer que des améliorations apportées récemment à la 133 ont déjà eu pour conséquence une augmentation significative du degré de sécurité. Il a aussi présenté une liste des travaux projetés susceptibles d'améliorer encore plus la 133. Cela a amené les commissaires du BAPE à demander au MTQ comment il se faisait qu'il mettait ce projet de l'avant alors que même son plan de transport n'y faisait pas mention! Le MTQ a laissé entendre qu?il répondait à une commande plus politique que rationnelle. En effet, à plusieurs occasions, il a souligné que le projet résultait d'une commande de politiciens et de gens d'affaire.

Le regroupement « Mieux que la 35 »

Nous sommes des citoyens des différentes municipalités touchées par le projet, de Saint-Armand à Saint-Jean-sur-Richelieu. Nous provenons de milieux variés : agricole, municipale, environnemental et citoyens utilisateurs quotidiens de la route 133. Depuis plusieurs semaines, notre regroupement s'affaire à la mise en oeuvre d'un plan d'actions et de sensibilisation. Il semble évident que le MTQ fait fausse route, et ce, de deux manières : les problèmes sont mal identifiés et les solutions sont inappropriées. Le parachèvement de l'autoroute 35 aurait des conséquences extrêmement négatives sur la structure régionale, l'agriculture, l'économie, l'environnement et le tourisme alors que la situation peut être améliorée de façon importante avec des moyens simples et moins coûteux, porteurs de réel développement durable. Nous croyons qu'une remise en question totale du projet du MTQ doit se faire et que c'est une opportunité unique d'unir nos efforts dans le respect et l'écoute des intérêts et besoins de chacun. La solution doit nous ressembler et nous rassembler. Nous sollicitons votre appui en vous invitant à signer une pétition que vous trouverez bientôt à divers endroits publics près de chez vous.

Pour nous rejoindre :

samedi 31 décembre 2005

« Notre région mérite mieux que l'autoroute 35 »


DE Saint-Armand sur le Web
Communiqué de presse du groupe Mieux que la 35

Parachever l'autoroute 35 serait une erreur, notre région mérite mieux

Le ministère des Transports (MTQ) a annoncé l'année dernière le projet de parachèvement de l'autoroute 35 entre la frontière américaine et Saint-Jean-sur-Richelieu. Si le gouvernement va de l'avant, cette autoroute d'une longueur de 38 km serait réalisée en trois étapes durant les années 2006 à 2012. Or, suite à la publication de l'étude d'impact du projet, près d'une vingtaine de requérants ont demandés au ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs de mandater le Bureau d'Audiences publiques sur l'environnement de tenir une audience publique sur le projet.

Au cours de celle-ci, le MTQ a prétendu que la construction de l'autoroute 35 était nécessaire, permettant d'améliorer les trois points suivants : la sécurité routière, la fluidité du transport sur l'axe Montréal-Boston ainsi que la qualité de vie des riverains de la route 133. Durant trois soirées à la mi-décembre le BAPE a entendu diverses interventions sur le projet du MTQ. Or la majorité de celles-ci ont démontré que le MTQ fait fausse route, et ce, de deux manières : les problèmes sont mal identifiés et les solutions sont inappropriées.

Ce projet prévoit la construction d'un échangeur devant la Légion, à l'entrée de Philipsburg. Une des conséquences directe serait l'augmentation de la circulation, avec les risques pour la sécurité, dans le village, sur les rues Sud, Montgomery et possiblement sur la rue Champlain.

En raison du développement prévisible d'activités commerciales autour des échangeurs, sur les rues Montgomery et Quinn, sur la rue Sud et son prolongement près de la frontière, cette circulation pourrait être de plus en plus commerciale. La qualité de vie est directement associée à la tranquillité remarquable de ce village qui attire ses résidents. Mais voila que tout ceci pourrait basculer car le projet du MTQ met en jeux cette tranquillité.

Nous avons choisi de nous arrêter à ce cas particulier, dont personne n'a fait mention durant l'audience du BAPE. Pour nous, il n'est qu'un des trop nombreux exemples qui illustrent que le parachèvement de l'autoroute 35 aurait des conséquences négatives importantes dans tous les secteurs qu'elle traverserait. Certaines ont été soulignées lors de l'audience, d'autres le seront lorsque les gens s'en rendront compte.

Or, comme plusieurs intervenants aux audiences du BAPE, nous croyons qu'il serait possible d'améliorer la sécurité et la fluidité de la route 133 de façon importante. Ainsi, on éviterait de faire l'autoroute 35, conservant à notre région sa quiétude. Du même coup, on préserverait le territoire agricole, les habitats, la faune et la flore qui seraient sacrifiés par le projet actuellement sur la table. Nous croyons que tous les résidents, agriculteurs et non agriculteurs, méritent mieux que ce projet!

Notons que la 133 dans l'ensemble se compare avantageusement aux autres routes du Québec, selon les différentes données déposées lors des audiences tenues en décembre. Les améliorations réalisées ces dernières années laissent même entrevoir une baisse du niveau de dangerosité. De plus, en devançant la réalisation de son plan des interventions projetées de 2006 à 2012, le MTQ peut continuer à améliorer la sécurité, et ce, pour un prix moindre que les coûts annuels supplémentaires qu'entraîneraient la construction de l'autoroute 35. Notons enfin que tout indique que si elle était réalisée, cette dernière pourrait être la scène d'un nombre important d'accidents aux conséquences aussi grandes, sinon plus, que ceux qui se produisent sur la 133.

Maintenant se forme une coalition de gens et d'organismes qui croit qu'il est possible d'améliorer réellement le réseau de transport et communications en Montérégie. Cela tout en préservant notre environnement, les terres agricoles et les boisés ainsi qu'une structure régionale harmonieuse, agréable pour sa population et accueillante pour le tourisme.

Nos recommandations sont :
  • D'abandonner le projet d'autoroute et de retourner les terres expropriées à l'usage qui leur convient : principalement l'agriculture et la conservation.
  • De rendre la 133 et le réseau de routes adjacentes le plus sécuritaire possible.
  • De favoriser le développement d'un réseau de transport en Montérégie qui réponde aux besoins de notre siècle, dans un contexte de développement durable.

Toute la population est invitée à se mobiliser contre le projet actuel de l'autoroute 35 tel que proposé par le MTQ qui, s'il devait se réaliser porterait atteinte coûteuse, inutile, irrémédiable à notre milieu et à notre sécurité.

Vous êtes invités à vous joindre à nous. Ensemble, nous enverrons un message clair que notre région veut une réelle amélioration de son réseau routier et de ses autres infrastructures de transport et communication.

Claude Benoît et Ghislain Pelletier,
Porte-paroles, Mieux que la 35


Pour nous joindre :


Le dossier complet est disponible sur le site du BAPE

mardi 20 décembre 2005

L'avenir du chemin de Saint-Armand

Mémoire présenté dans le cadre des audiences du B.A.P.E. sur le parachèvement de l'autoroute 35 :

L'échangeur Montgomery à Philipsburg et son impact sur le chemin de Saint-Armand



mercredi 26 octobre 2005

L'impact du projet de parachèvement de l'autoroute 35 à Saint-Armand


DE Saint-Armand sur le Web
Saint-Armand, le 29 octobre 2005

Monsieur Thomas J. Mulcair
Cabinet du ministre
Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs
Édifice Marie-Guyart, 30e étage
675, boulevard René-Lévesque Est
Québec (Québec)
G1R 5V7


OBJET : Demande d'audiences publiques au sujet du projet de parachèvement de l'autoroute 35 dans la municipalité de Saint-Armand.

Monsieur le Ministre,

C'est à titre de citoyen de Saint-Armand qui aime passionnément son coin de pays et dans le cadre de la période d'information et de consultation publiques du BAPE qui se termine aujourd'hui que je vous demande de tenir des audiences publiques sur le projet de parachèvement de l'autoroute 35. Plus particulièrement, sur les infrastructures prévues à l'intérieur des six kilomètres qui couperont définitivement en deux la municipalité de Saint-Armand.



Sur une longueur d'environ six kilomètres, quatre infrastructures majeures sont prévues à Saint-Armand, parmi lesquels l'échangeur sud est un pensez-y bien.
Je m'interroge sérieusement sur les impacts d'une des quatre infrastructures qui font partie du projet du ministère des Transports du Québec (MTQ) dans notre localité, celle de l'échangeur sud. S'il est construit tel que conçu par le MTQ, cet échangeur constitue une menace pour notre sécurité et l'intégrité de notre paysage, pour le milieu écologique environnant, pour notre qualité de vie en milieu rural ainsi que pour la cohésion et le développement de nos collectivités récemment fusionnées. Sans compter qu'il risque de mettre à l'écart un site inestimable faisant partie du patrimoine bâti de Philipsburg.



Le chemin Saint-Armand : parfaitement intégré au moindre méandre de notre paysage.
1. Une menace pour notre sécurité et l'intégrité de notre paysage.

C'est déjà une anomalie que les transporteurs routiers doivent utiliser le chemin Saint-Armand faute de route alternative. Or, cet échangeur prévoit une bretelle spécialement aménagée pour en faciliter l'accès aux semi-remorques. Cette configuration ne manquera pas d'accroître le nombre de routiers qui l'emprunteront et de multiplier par le fait même les risques d'accidents déjà trop grands. Ultérieurement, c'est l'intégrité même du chemin Saint-Armand -- parfaitement intégré aux nombreux méandres de notre paysage -- qui risque d'être remise en cause par le MTQ sous le prétexte d'en faire une route droite sécuritaire et moderne mieux accordée au camionnage.

2. Une menace pour le milieu écologique environnant.

Favoriser l'utilisation du chemin Saint-Armand pour le transport routier, c'est aussi nuire aux conditions nécessaires à la protection du Refuge d'oiseaux migrateurs de Philipsburg : tranquillité, pureté de l'air... Ce site protégé s'étend sur 480 ha à partir de la baie Missisquoi en suivant l'emprise sud du chemin Saint-Armand. Or, favoriser l'accroissement du transport routier dans ce secteur le rendra d'autant plus vulnérable à cause du bruit et de la pollution associés au passage des poids lourds.



« Partageons la route! », dit le slogan de Transports Québec. Avec les 'dix-huit roues'?
3. Une menace pour notre qualité de vie en milieu rural.

Qui dit camions lourds dans un 'chemin de campagne' dit bruits de moteur, émanations polluantes et risques accrus pour la sécurité routière des résidants qui s'y sont installés pour des raisons toutes autres. Pourrons-nous encore marcher le long du chemin Saint-Armand? Pourrons-nous encore -- comme nous invite à le faire un panneau réclame de Transports Québec -- partager la route avec les cyclistes venus s'y balader en profitant du paysage apaisant?



La seule façon de passer de Saint-Armand à Philipsburg : la traversée à haut risque de la route 133 avec ses six voies, à la rue Montgomery.
4. Une menace pour la cohésion et le développement de notre collectivité.
Je déplore que les signataires de l'étude d'impact, Genivar Groupe Conseil, n'aient pas abordé les effets que risque de provoquer ce 'mur routier' sur la cohésion et le développement de nos deux collectivités récemment fusionnées. La route 133 équivaut déjà à une tranchée à la fois physique et psychologique entre l'est et l'ouest de Saint-Armand; imaginez l'effet de sa transformation en autoroute balisée! L'échangeur sud proposé viendra tout simplement achever le processus, empêcher que la fusion des deux administrations ne puisse aboutir à la fusion des deux populations... Et puis, pas besoin d'être futurologue pour affirmer qu'un tel échangeur favorisant l'exode par une voie rapide centrale vers le grand commerce plus au nord ou plus au sud sera désastreux pour le développement de notre économie locale déjà fragile, notamment à cause de l'état de la baie Missisquoi.



Le joyau du patrimoine bâti de Philipsburg, son édifice phare depuis 1819 : la United Methodist Church.
5. Une menace pour le patrimoine bâti de Philipsburg.

Dans l'emprise même de l'échangeur sud projeté, il y a deux sites patrimoniaux importants parce qu'ils sont enracinés dans l'histoire de Philipsburg. La chapelle historique des Méthodistes de l'Église Unie témoigne avec la maison attenante des origines même de Philipsburg; elle constitue l'édifice phare du village depuis 1819. La Légion voisine, issue de l'ancienne école méthodiste, fait aussi partie de notre mémoire collective avec son monument aux soldats originaires de la région disparus durant l'une des deux Grandes guerres et à qui nous devons aujourd'hui notre liberté. Or, l'intégrité de ces lieux, témoins vivants de l'histoire locale et régionale, est grandement compromise par la construction d'un échangeur routier qui les mettra à l'écart sinon au rancart.


Mon intervention n'est ni nostalgique ni directement intéressée. Elle relève d'un souci pour le développement durable de notre municipalité autant sur les plans humain et économique que sur les plans écologique et patrimonial. Je trouve important que vous teniez des audiences publiques au sujet de l'impact des infrastructures routières associées au projet de parachèvement de l'autoroute 35 à Saint-Armand. Objectif : vous assurer que le point de vue exprimé ici reflète celui de mes concitoyennes et de mes concitoyens afin que, le cas échéant, nous ayons la possibilité de soumettre à votre attention un aménagement routier qui soit mieux accordé à notre milieu et porteur d'avenir pour sa population.

Car il y a des solutions de rechange. Celle que je propose a trois volets.



Plus besoin d'entrées ni de sorties au sud si les routiers peuvent se rendre plus rapidement à destination par l'échangeur nord.
1. Ne pas construire l'échangeur sud avec ses entrées et sorties parallèles non plus que la bretelle en aval menant au chemin Saint-Armand..

2. À la jonction des rues Montgomery/Quinn/chemin Saint-Armand, construire le pont d'étagement prévu au niveau actuel avec les quatre voies de l'autoroute en dépression (style autoroute Décarie), en vous assurant que les piétons et les cyclistes puissent y circuler sans danger.



Le développement de Saint-Armand passe par une nouvelle route au nord qui rejoint la route 235, adaptée celle-là au camionnage.
3. Construire un nouveau lien routier entre la route 133/autoroute 35 et la route 235 plus à l'est (une distance d'environ 7 kilomètres) en y affectant les sommes économisées par la transformation de l'échangeur sud en un simple pont d'étagement. Une nouvelle route, adaptée au camionnage celle-là, à la hauteur des carrières et de l'échangeur nord déterminé par le MTQ, qui deviendrait une véritable alternative est-ouest au chemin Saint-Armand. D'autant plus qu'elle serait implantée dans le secteur plus industriel et commercial de Saint-Armand, ce que les entrepreneurs et les camionneurs apprécieraient sûrement.


Pourquoi ne viendriez vous pas faire une balade sur le chemin Saint-Armand et à Philipsburg pour visualiser tout ça avec nos députés Pierre et Denis Paradis? Une occasion de profiter vous-même de nos paysages apaisants et de parler d'avenir avec les gens de ce coin de pays. Faute de temps et de moyens, je n'ai pu les consulter. Je compte sur vous pour qu'ils le soient dans le cadre d'audiences publiques tenues ici même à Saint-Armand sur le projet de parachèvement de l'autoroute 35. Ce projet nous tient à coeur sans doute parce qu'il traversera littéralement le coeur de notre municipalité.

Veuillez accepter, Monsieur le Ministre, les salutations distinguées de quelqu'un qui partage les mêmes préoccupations que vous concernant le développement durable au Québec,

Jean Trudeau

vendredi 30 septembre 2005

L'échangeur prévu au coeur de Saint-Armand : UN NON-SENS


DE Saint-Armand sur le Web
    Le 5 octobre dernier avait lieu une soirée d'information du BAPE sur le projet de parachèvement de l'autoroute 35 entre Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Armand. Le projet prévoit 5 échangeurs : à Saint-Jean/Saint-Athanase, à Saint-Alexandre, à Saint-Sébastien et à Saint-Armand -- deux à Saint-Armand, sans compter celui du poste frontalier, sur une distance d'environ 6 kilomètres (voir figure A).

    Nous avons jusqu'au 29 octobre pour demander au Ministre que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) tienne des audiences publiques sur les impacts du projet qui est sur la table.


À mon point de vue, l'échangeur 'sud' prévu à l'extrémité ouest du chemin Saint-Armand, là où les rues Quinn et Montgomery croisent la route 133, au coeur même du village de Saint-Armand/Philipsburg (voir figure B), est un NON-SENS à plusieurs égards, notamment parce qu'il accroîtra le transport lourd dans un secteur résidentiel et sur un chemin pas du tout conçu pour les semi-remorques.

La solution du BON SENS passe par la construction d'une route parallèle alternative à la hauteur de l'échangeur nord pour desservir les industries et les commerces de Saint-Armand et favoriser ainsi leur accès et leur développement afin de pouvoir interdire le chemin Saint-Armand au transport routier lourd.



Figure A. Les échangeurs projetés à Saint-Armand
Sur une distance d'environ six kilomètres, le projet du ministère des Transports qu Québec (MTQ) prévoit, du nord au sud, un premier échangeur à la croisée de la rue Champlain et de la route 133 (en pointillé en haut à gauche), un parc routier avec poste de contrôle (en bleu), un échangeur à la jonction de la route 133 avec les rues Montgomery et Quinn/chemin Saint-Armand (en pointillé au centre), des entrées et sorties au poste frontalier (en pointillé en bas à droite).



Figure B. La route 133 à Philipsburg
Saint-Armand est une municipalité coupée artificiellement en deux par la route nationale 133 (qui deviendra vers 2012 l'autoroute 35). Elle regroupe des ilôts résidentiels qui ont nom à l'ouest (à droite) de la route et en bordure de la baie Missisquoi : village de Philipsburg, domaine Rémillard et domaine de la Falaise. À l'est (à gauche) de la route : village de Saint-Armand, Pigeon Hill et Morse's Line.



Figure C. L'échangeur 'sud' envisagé par le MTQ
L'emprise actuelle serait élargie pour faire place à six voies : les quatre voies de l'autoroute elle-même en dépression sous le pont d'étagement (style autoroute Decarie); une voie d'entrée/sortie, de chaque côté. Une bretelle serait spécialement aménagée (coin supérieur droit de l'illustration) pour faciliter l'accès du chemin Saint-Armand aux semi-remorques venant des États-Unis.



Figure D. Le chemin Saint-Armand, harmonieux...
Paysage rural aux multiples facettes, fait d'eau, de forêts, de champs de maïs ou de pâturages, de massifs rocheux, de maisons à l'image de ses habitants aussi singulières que sympathiques. Paysage tout en ondulations à travers lequel se faufile un chemin qu'on dirait naturel tant il s'intègre harmonieusement, un chemin qu'on ne pouvait nommer autrement que chemin Saint-Armand...



Figure E. ...mais aussi dangereux, le chemin Saint-Armand

La plupart des résidants de Saint-Armand vous diront qu'ils ont un jour ou l'autre vécu ou évité la catastrophe à l'approche d'une courbe ou d'une butte au moment où surgit du détour un de ces imposants monstres routiers qu'il nous faut tolérer depuis toujours sur le chemin Saint-Armand, faute de route alternative valable pour desservir les besoins en transport de l'économie locale.



Figure F. « Partageons la route! »
Ce slogan du MTQ à l'entrée du chemin Saint-Armand nous invite à faire courtoisement place aux véhicules à deux roues. Faudra-t-il appliquer encore longtemps ce slogan aux 'dix-huit roues'?



Figure G. Il faut pour les camions lourds une route alternative au chemin Saint-Armand
Pour répondre aux besoins en transport de l'économie locale, pour améliorer la qualité de vie dans le Saint-Armand plus résidentiel (en jaune), pour assurer notre sécurité et celle de nos enfants sur le chemin Saint-Armand, celle des cyclotouristes de plus en plus nombreux et celle des promeneurs friands de beautés naturelles... le MTQ doit construire avant même le parachèvement de l'autoroute 35 une route nationale alternative entre la future autoroute 35 et la route 235 (environ 7 kilomètres à l'est) à la hauteur des carrières, afin d'interdire le passage des camions sur le chemin Saint-Armand entre les deux villages.