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dimanche 23 octobre 2022

Jacques Brault (1933-2022)

Le poète Jacques Brault,
citoyen de Saint-Armand pendant plus de 25 années.

entre mars et vénus

La terre se retourne sur les peuples qui la composent
     la terre où j'éprouve du pied ma place
Vieille berceuse où dorment les millénaires vieille rassembleuse
Terre où s'emmêlent nos racines où nos haines fraternisent
Terre aux mille sourires des morts réconciliés
Tes bras autour de ta nichée attendent celui qui va naître à la mort
Et pour un qui tombe et rentre en sa fin
     en voici mille debout et durs comme le désir

samedi 23 janvier 2021

Georgette Benoit (1928-2021)

J'apprends avec une grande tristesse le décès de Mme Georgette Benoit

Elle s'est longtemps impliquée corps et âme pour la vitalité de Saint-Armand, notamment dans le domaine scolaire et celui des loisirs. Je garde d'elle le souvenir d'une femme de coeur, discrète, accueillante et généreuse. 

À l'époque de Saint-Armand-sur-le-Web, elle avait accepté d'écrire pour la postérité une page à la mémoire de nos écoles de rang.

En même temps qu'elle, c'est une partie de notre histoire locale qui disparaît.

J'offre mes plus sincères condoléances à ses enfants et petits-enfants.



jeudi 13 février 2020

Un 100e numéro? Cent fois Bravo!

Le Saint-Armand publie ce mois-ci son 100e numéro : un véritable tour de force! L'événement vaut d'être souligné et il l'est d'ailleurs généreusement dans la présente édition du journal.

Je lève mon chapeau tout particulièrement à deux artisans de la première heure encore impliqués, 17 ans plus tard, dans le journal : Jean-Pierre Fourez, le premier rédacteur en chef et Éric Madsen, le président fondateur.

Éric, le visionnaire engagé, qui annonçait déjà ses couleurs en 2003 : « Je veillerai à faire de ce nouvel outil d’information un organe rassembleur auquel les gens des trois communautés pourront s’identifier, un moteur qui fera avancer les dossiers chauds de la communauté dans le respect de chacun ».

Jean-Pierre, l'observateur imaginatif (chacune de ses judicieuses caricatures en témoigne), « homme d’opinions, qui comptait faire du journal Le Saint-Armand un outil rassembleur, un forum propice aux débats d’idées ».

Et ils ont, avec des dizaines de collaborateurs et collaboratrices, en grande partie réussi! Bien sûr, leur idéal n'est pas encore atteint... Mais on sent toujours dans ce 100e numéro la même ferveur chez la relève pour aborder les nouveaux défis qui ne manquent pas en ce XXIe siècle, tout en poursuivant le même idéal.

Longue vie au jourmal de l'Armandie!

jeudi 5 décembre 2019

Saint-Armand et ILLUMI

Quel lien y a-t-il entre Raôul Duguay, notre barde local et national, et le spectacle grandiose ILLUMI, féérie de lumières créé par Cavalia à Laval, qu'on peut voir jusqu’au 5 janvier prochain?

C'est lui l'auteur du conte Rêver l'étoile projeté sur l'immense écran géant d'Illumi et raconté en direct par des comédiens.

Et puis, sous la tente VIP, sont exposées ses plus récentes toiles peintes en tandem avec un autre artiste de la région, Henri Desclez, et regroupées sous le thème Fleurir à l'infini, dont on peut avoir un aperçu sur son site Web.

À 80 ans, le génie créatif de Raôul Duguay est toujours en ébullition et ne cesse de nous surprendre!

samedi 9 avril 2011

À la mémoire de Pierre Gauvreau...

En apprenant sa mort, je me suis rappelé et j'ai relu dans notre journal local l'entretien de Jean-Pierre Lefebvre avec notre concitoyen Pierre Gauvreau, cet homme épris de liberté, signataire du Refus global (pdf), qui a marqué l'art visuel et la télévision québécoise ces dernières décennies. Extraits.
Pierre, comment te définirais-tu?
Dans la mesure du possible, j’évite de me définir. Ça ne m’intéresse pas de m’enfermer dans une catégorie, à savoir si je suis croyant ou si je ne le suis pas, si je suis de gauche ou de droite, parce que ça ne veut plus rien dire tout ça. Donc, je vis ma vie la plus ouverte possible. Je veux être le plus libre possible, et être libre c’est être ouvert. Je considère que je suis né à un moment privilégié de l’Histoire. Je suis de ceux qui ont connu l’arrivée de l’aviation et de toutes sortes de choses qui ont complètement bouleversé la vie des hommes, qui ont rendu caduques les connaissances classiques et les interprétations religieuses de la société.
La société québécoise, la société «canadienne-française», n’est pas toujours une société dans laquelle il est facile de vivre parce que le problème de l’identité, on le traîne avec soi à la journée longue. C’est quoi un vrai Québécois, un vrai ceci ? Êtes-vous une vraie femme, un vrai homme ? On se pose constamment ces questions. Il faut absolument tout cataloguer. Ça révèle une insécurité profonde, et cette insécurité est un des aspects marquants de notre culture. On a par ailleurs l’obsession de vouloir arrêter le Temps. C’est complètement utopique ! Le temps qui a passé depuis qu’on se parle est irrécupérable. La nature, l’univers, sont en mouvement, tout est en mouvement, en déséquilibre, en porte-à-faux. Donc, cela va à l’encontre des valeurs que notre société québécoise - surtout canadienne-française - a voulu se donner et tient encore à se donner.
(...)
Regrettes-tu quelque chose?
Être obligé de mourir. Je le prends pas.

Le texte intégral (pdf) de cette entrevue : « Brève rencontre avec Pierre Gauvreau » dans Le Saint-Armand, vol. 2 no 6, juin 2005 .

vendredi 7 mai 2010

Une Armandoise devenue princesse !

« Véritable aventurière en crinoline, Agnes Eliza Joy a grandi dans le comté de Missisquoi, à quelques encablures de la frontière américaine ! Nous sommes au milieu du 19e siècle. D'abord écuyère de cirque en Nouvelle-Angleterre, puis actrice à New York sous le nom d'Agnes LeClerq, elle épouse à Washington le prince prussien Félix de Salm-Salm...

« Dans ses Mémoires, publiés à Detroit en 1877 sous le titre Ten Years of My Life, il n'y a pas la moindre allusion à son enfance au Canada. Je la soupçonne d'avoir trouvé plus glamour de venir au monde au pays de l'Oncle Sam qu'à Saint-Armand, P.Q.

[...]

Micheline Lachance, Une princesse à Saint-Armand!
L'auteure en a fait un des principaux personnages de son dernier roman paru récemment aux éditions Québec Amérique : Filles tombées, Les fantômes de mon père. On peut en lire un extrait dans L'actualité.com.

Photo : casaimperial.org


Et, pour connaître un peu mieux cette princesse armandoise :

dimanche 25 avril 2010

Hommage à l'un des nôtres

Le Centre d'action bénévole de Bedford et des environs rendait récemment hommage à Michel Saint-Denis pour son engagement dans la FADOQ de Bedford et région -- dont il est maintenant le président -- en lui décernant le titre de Bénévole de l'année. On lui doit notamment d'avoir organisé la première dégustation des vins nouveaux de la Route des vins de Brome-Missisquoi et d'en avoir fait un tel succès qu'elle deviendra un événement annuel.

« Bénévole pour la vie »

Huguette Lavigueur et Michel Saint-Denis


Michel Saint-Denis est aussi le président de la Fondation des Amis du Manoir du Sanctuaire de Saint-Armand.

lundi 25 janvier 2010

« À l'ombre de élus »

Lu dans La Voix de l'Est, édition du 23 janvier 2010
Directrices municipales : ces femmes à l'ombre des élus

[...] Seulement sur le territoire couvert par La Voix de l'Est, on compte une dizaine de petites villes dirigées par des femmes.

À l'ombre des élus municipaux, ce sont elles qui abattent le gros du travail une fois les décisions entérinées par le conseil. Un rôle central, crucial qu'on leur accorde surtout en raison de leur rigueur et de leur polyvalence toutes féminines. Mais pas toujours reconnu à sa juste valeur.

« C'est en effet un poste 'multi-tâches', admet la dg et secrétaire-trésorière de la municipalité de Roxton Falls, Julie Gagné. Il n'y a pas de formation qui existe pour ça. Moi, par exemple, j'étais technicienne en gestion de bureau. J'ai appris sur le tas. On a aussi des formations, des colloques, des congrès de l'Association des directeurs généraux du Québec. Et j'ai une belle équipe. »

[...]

« C'est beaucoup de stress. On dirait que les gens n'ont pas toujours conscience de l'ampleur de nos responsabilités, souligne pour sa part Dominique St-Pierre, dg et trésorière à la Ville de Saint-Pie depuis 2001. Ça demande du leadership et une grande implication. C'est un job difficile physiquement et mentalement. Ça prend un caractère fort pour ne pas se laisser atteindre. Il ne faut jamais rien prendre personnellement. »

[...]

Devant l'ampleur de la tâche de plus en plus lourde en raison des nombreuses exigences gouvernementales, elles oublient bien souvent de compter leurs heures. Surtout quand se pointe la fin de l'année, et le début de l'autre, avec les budgets, les états financiers, la planification et la mise à jour des projets...

[...]

Et ajoutez à cela l'obligation de répondre à plusieurs patrons (les membres du conseil municipal) qui peuvent changer aux quatre ans! « Je vous dirais que ça prend environ six mois d'adaptation. C'est vrai qu'il faut repartir du départ avec les nouveaux-venus, mais ça amène aussi un vent de changement », fait remarquer Mme St-Pierre.

« On est toujours pris en sandwich entre les élus et les employés. Ça demande du temps et de la patience », note pour sa part Marie-Claude Choquette, en soulignant le degré de responsabilités qui accompagne ce poste. « Mais je vois beaucoup plus de côtés positifs que négatifs. C'est plein de variété et de défis. On apprend chaque jour. La clé dans le monde municipal, c'est d'avoir la passion. »

Isabel Authier, Texte intégral
L'article ne cite pas notre directrice générale, Mme Jacqueline Chisholm; reste à savoir si elle se reconnaît dans ce portrait...

mercredi 8 novembre 2006

« À Saint-Armand, tous les citoyens sans exception ont droit aux mêmes services »

Lors de l'assemblée publique du 6 novembre 2006 du Conseil municipal, le conseiller Rodrigue Benoit a tenu a rappeler avec beaucoup d'émotion dans la voix que depuis toujours, à Saint-Armand, tous les citoyens ont droit aux mêmes services peu importe ce qu'il en coûte. Dans le cas des chemins, par exemple, le résidant isolé au bout d'un rang verra son bout de chemin aussi bien entretenu que s'il demeurait près du village.

Il s'est dit très surpris de lire dans la dernière édition du journal Le Saint-Armand que l'asphaltage de certains rangs devrait être remis en question -- notamment le chemin Benoit et le chemin des Érables -- compte tenu du coût par maison desservie.
« Le pavage de ces deux chemins, écrivent Daniel Boulet et Pierre Lefrançois, représente une somme de près d'un million de dollars sur vingt ans. Et c'est sans compter tous les autres chemins municipaux. C'est pourquoi nous croyons urgent de définir une politique cohérente de notre réseau routier. »
Source : Le Saint-Armand, vol. 4, no 2, p. 2
« Garantir les mêmes services à tous et chacun des citoyens, c'est une question de principe et non une question d'argent, a tenu à réaffirmer Rodrigue Benoit; ça fait partie de la culture de Saint-Armand. »

Mise à jour - 6 mai 2007
Le conseiller Rodrigue Benoit est décédé le 26 avril dernier. Saint-Armand perd avec lui un homme d'engagement et de convictions profondément attaché à sa communauté locale. Nous offrons nos sympathies à ses parents et amis.

mardi 1 mars 2005

La tempête de verglas en 1998, à Philipsburg

SOLIDARITÉ SANS FRONTIÈRES
par Reine-Marie Montpetit p.m.
directrice de la maison En Gaddi de 1996 à 2005

Quand le responsable des mesures d'urgence de notre petite municipalité (moins de 300 personnes) appela au couvent pour demander d'héberger des personnes âgées, sans hésiter, j'ai accepté avec mes soeurs de rendre ce service qui semblait tout à fait normal dans les circonstances.

Quelle émotion j'éprouve de voir arriver la camionnette d'où sort notre premier «hébergé» transporté sur un brancard par des bénévoles de la localité! C'était un malade en phase terminale dont j'ignorais le véritable état. Cet homme devait mourir, après un bref séjour à l'hôpital, avant la fin de la panne d'électricité.

Maison En Gaddi

Nous étions le seul endroit de la municipalité
muni d'une génératrice assez puissante
pour assurer chaleur et lumière à un grand nombre de sinistrés.

Pour mes soeurs et moi, il s'agissait d'accueillir chaleureusement chaque personne qui arrivait pour la sécuriser, et la conduire avec tendresse et bonté dans une chambre propre et convenant le mieux à ses besoins. À ces personnes s'ajoutent les pompiers et les premiers intervenants pour les soins d'urgence qui ont aussi demandé le gîte dans notre maison. Nous étions le seul endroit de la municipalité muni d'une génératrice assez puissante pour assurer chaleur et lumière à un grand nombre de sinistrés.

Toute le nuit, j'ai dû me tenir prête pour répondre aux demandes des gens qui arrivaient en quête d'un abri. Il fallait les recevoir tous et avec le même sourire et la même chaleur, peut-être encore plus que pour les premiers arrivés. Ils étaient inquiets de leurs enfants, de leur maison et de la cave inondée avec des tuyaux crevés et gelés.

Maison En Gaddi

Les dix religieuses ont été formidables
chacune selon ses capacités
et les possibilités de la maison.

Pendant huit jours les gens sont arrivés chacun avec ses besoins; il s'agissait d'y répondre au mieux. J'ai vécu une expérience de solidarité au sens le plus large du mot. Les dix religieuses ont été formidables chacune selon ses capacités et les possibilités de la maison. Et grâce à cette disponibilité nous avons eu la joie d'accueillir quelques-uns de nos parents éprouvés. En plus, j'ai beaucoup admiré le travail des responsables de la cuisine qui ont dû se débrouiller avec des moyens réduits : une cuisinière à gaz de quatre ronds seulement et un seul fourneau, pour servir les repas chauds, jusqu'à 100 dîners en une seule journée.

Tous ceux qui le pouvaient s'offraient pour servir, qui à la vaisselle, qui au ménage, d'autres préparaient des lits pour les nouveaux arrivants. Un homme et une dame ont même ramassé le linge souillé pour aller faire le blanchissage aux États-Unis. Et cela à leurs frais. Mes impressions? La solidarité, c'est communicatif, personne ne reste indifférent!

Il fallait divertir nos gens; j'essayais de leur être présente le plus possible. C'est ainsi que j'ai mieux connu les gens de la région. Quel contact s'est établi alors entre nous! Pour eux, les Soeurs n'étaient plus un mystère. Ils ont appris à les connaître et à les apprécier pour ce qu'elles sont réellement : des personnes humaines avec un coeur ouvert et capables de liens simples avec leurs semblables.

Pour ce qui est des divertissements, les uns jouaient aux cartes, d'autres faisaient des casse-tête, d'autres lisaient... Accompagnés au piano par une de nos soeurs, nous avons participé à de merveilleuses séances de chants. On suggérait des chansons de folklore tirées des livrets de la Bonne Chanson. Francophones et anglophones y allaient avec enthousiasme. Pas de place à la mélancolie.

Maison En Gaddi

La Ministre anglicane est venue visiter ses paroissiens
et m'a demandé de célébrer un service religieux dans notre chapelle,
ce que j'ai accepté avec empressement.

J'ai vécu aussi, pendant cet événement, un véritable oecuménisme puisque au moins trois confessions religieuses étaient présentes dans la maison. Chacun se trouvait à l'aise d'exprimer sa foi. Aucune barrière n'existait entre les personnes. J'ai offert la messe catholique à ceux qui voulaient y participer; des Anglicans, et peut-être des membres de l'Église unie du Canada, y ont assisté. Des prières protestantes ont été faites auxquelles ont participé des catholiques. La Ministre anglicane est venue visiter ses paroissiens et m'a demandé de célébrer un service religieux dans notre chapelle, ce que j'ai accepté avec empressement.

J'ai vécu là un véritable sentiment d'appartenance à l'Église universelle. Jésus-Christ réunissait tout ce monde dans une situation pénible mais consolante. J'ai vécu le même sentiment lors des funérailles du malade que vous avions accueilli la première journée de la tempête de verglas. Les émotions étaient vives de dire ensemble un dernier adieu à une personne que le verglas nous avait permis de connaître et d'entourer au cours de sa dernière maladie.

D'autres émotions, plus joyeuses celles-là, devaient être vécues deux mois plus tard. À la demande des organisatrices de l'Église unie du Canada, la Journée mondiale de prières pour les femmes s'est tenue dans la chapelle du couvent. Quelles retrouvailles! Être là, cette fois simplement réunis pour prier le même Seigneur : quelle solidarité et quelle grâce!

Parler de solidarité, c'est parler d'entraide, de charité, de respect mutuel, de fraternité sans barrières de religion, de sexe et d'âge. En fait, c'est la solidarité sans aucune limite qui nous amène à vérifier notre capacité d'accueil et de service. Tel fut mon vécu lors de la tempête de verglas de 1998.

Maison En Gaddi

En reconnaissance de votre contribution
aux secours apportés aux victimes
de la tempête de verglas de 1998.

J'en suis certaine, les Soeurs de la Présentation de Marie, selon l'esprit de Marie Rivier, notre fondatrice, tout comme les religieux et les religieuses du Canada sont solidaires du monde avec lequel ils vivent.

Source : Bulletin CRC, Hiver 1998. Article reproduit avec la permissions de l'auteure.
Photos : Soeurs de la Présentation de Marie