mercredi 26 octobre 2005

L'impact du projet de parachèvement de l'autoroute 35 à Saint-Armand


DE Saint-Armand sur le Web
Saint-Armand, le 29 octobre 2005

Monsieur Thomas J. Mulcair
Cabinet du ministre
Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs
Édifice Marie-Guyart, 30e étage
675, boulevard René-Lévesque Est
Québec (Québec)
G1R 5V7


OBJET : Demande d'audiences publiques au sujet du projet de parachèvement de l'autoroute 35 dans la municipalité de Saint-Armand.

Monsieur le Ministre,

C'est à titre de citoyen de Saint-Armand qui aime passionnément son coin de pays et dans le cadre de la période d'information et de consultation publiques du BAPE qui se termine aujourd'hui que je vous demande de tenir des audiences publiques sur le projet de parachèvement de l'autoroute 35. Plus particulièrement, sur les infrastructures prévues à l'intérieur des six kilomètres qui couperont définitivement en deux la municipalité de Saint-Armand.



Sur une longueur d'environ six kilomètres, quatre infrastructures majeures sont prévues à Saint-Armand, parmi lesquels l'échangeur sud est un pensez-y bien.
Je m'interroge sérieusement sur les impacts d'une des quatre infrastructures qui font partie du projet du ministère des Transports du Québec (MTQ) dans notre localité, celle de l'échangeur sud. S'il est construit tel que conçu par le MTQ, cet échangeur constitue une menace pour notre sécurité et l'intégrité de notre paysage, pour le milieu écologique environnant, pour notre qualité de vie en milieu rural ainsi que pour la cohésion et le développement de nos collectivités récemment fusionnées. Sans compter qu'il risque de mettre à l'écart un site inestimable faisant partie du patrimoine bâti de Philipsburg.



Le chemin Saint-Armand : parfaitement intégré au moindre méandre de notre paysage.
1. Une menace pour notre sécurité et l'intégrité de notre paysage.

C'est déjà une anomalie que les transporteurs routiers doivent utiliser le chemin Saint-Armand faute de route alternative. Or, cet échangeur prévoit une bretelle spécialement aménagée pour en faciliter l'accès aux semi-remorques. Cette configuration ne manquera pas d'accroître le nombre de routiers qui l'emprunteront et de multiplier par le fait même les risques d'accidents déjà trop grands. Ultérieurement, c'est l'intégrité même du chemin Saint-Armand -- parfaitement intégré aux nombreux méandres de notre paysage -- qui risque d'être remise en cause par le MTQ sous le prétexte d'en faire une route droite sécuritaire et moderne mieux accordée au camionnage.

2. Une menace pour le milieu écologique environnant.

Favoriser l'utilisation du chemin Saint-Armand pour le transport routier, c'est aussi nuire aux conditions nécessaires à la protection du Refuge d'oiseaux migrateurs de Philipsburg : tranquillité, pureté de l'air... Ce site protégé s'étend sur 480 ha à partir de la baie Missisquoi en suivant l'emprise sud du chemin Saint-Armand. Or, favoriser l'accroissement du transport routier dans ce secteur le rendra d'autant plus vulnérable à cause du bruit et de la pollution associés au passage des poids lourds.



« Partageons la route! », dit le slogan de Transports Québec. Avec les 'dix-huit roues'?
3. Une menace pour notre qualité de vie en milieu rural.

Qui dit camions lourds dans un 'chemin de campagne' dit bruits de moteur, émanations polluantes et risques accrus pour la sécurité routière des résidants qui s'y sont installés pour des raisons toutes autres. Pourrons-nous encore marcher le long du chemin Saint-Armand? Pourrons-nous encore -- comme nous invite à le faire un panneau réclame de Transports Québec -- partager la route avec les cyclistes venus s'y balader en profitant du paysage apaisant?



La seule façon de passer de Saint-Armand à Philipsburg : la traversée à haut risque de la route 133 avec ses six voies, à la rue Montgomery.
4. Une menace pour la cohésion et le développement de notre collectivité.
Je déplore que les signataires de l'étude d'impact, Genivar Groupe Conseil, n'aient pas abordé les effets que risque de provoquer ce 'mur routier' sur la cohésion et le développement de nos deux collectivités récemment fusionnées. La route 133 équivaut déjà à une tranchée à la fois physique et psychologique entre l'est et l'ouest de Saint-Armand; imaginez l'effet de sa transformation en autoroute balisée! L'échangeur sud proposé viendra tout simplement achever le processus, empêcher que la fusion des deux administrations ne puisse aboutir à la fusion des deux populations... Et puis, pas besoin d'être futurologue pour affirmer qu'un tel échangeur favorisant l'exode par une voie rapide centrale vers le grand commerce plus au nord ou plus au sud sera désastreux pour le développement de notre économie locale déjà fragile, notamment à cause de l'état de la baie Missisquoi.



Le joyau du patrimoine bâti de Philipsburg, son édifice phare depuis 1819 : la United Methodist Church.
5. Une menace pour le patrimoine bâti de Philipsburg.

Dans l'emprise même de l'échangeur sud projeté, il y a deux sites patrimoniaux importants parce qu'ils sont enracinés dans l'histoire de Philipsburg. La chapelle historique des Méthodistes de l'Église Unie témoigne avec la maison attenante des origines même de Philipsburg; elle constitue l'édifice phare du village depuis 1819. La Légion voisine, issue de l'ancienne école méthodiste, fait aussi partie de notre mémoire collective avec son monument aux soldats originaires de la région disparus durant l'une des deux Grandes guerres et à qui nous devons aujourd'hui notre liberté. Or, l'intégrité de ces lieux, témoins vivants de l'histoire locale et régionale, est grandement compromise par la construction d'un échangeur routier qui les mettra à l'écart sinon au rancart.


Mon intervention n'est ni nostalgique ni directement intéressée. Elle relève d'un souci pour le développement durable de notre municipalité autant sur les plans humain et économique que sur les plans écologique et patrimonial. Je trouve important que vous teniez des audiences publiques au sujet de l'impact des infrastructures routières associées au projet de parachèvement de l'autoroute 35 à Saint-Armand. Objectif : vous assurer que le point de vue exprimé ici reflète celui de mes concitoyennes et de mes concitoyens afin que, le cas échéant, nous ayons la possibilité de soumettre à votre attention un aménagement routier qui soit mieux accordé à notre milieu et porteur d'avenir pour sa population.

Car il y a des solutions de rechange. Celle que je propose a trois volets.



Plus besoin d'entrées ni de sorties au sud si les routiers peuvent se rendre plus rapidement à destination par l'échangeur nord.
1. Ne pas construire l'échangeur sud avec ses entrées et sorties parallèles non plus que la bretelle en aval menant au chemin Saint-Armand..

2. À la jonction des rues Montgomery/Quinn/chemin Saint-Armand, construire le pont d'étagement prévu au niveau actuel avec les quatre voies de l'autoroute en dépression (style autoroute Décarie), en vous assurant que les piétons et les cyclistes puissent y circuler sans danger.



Le développement de Saint-Armand passe par une nouvelle route au nord qui rejoint la route 235, adaptée celle-là au camionnage.
3. Construire un nouveau lien routier entre la route 133/autoroute 35 et la route 235 plus à l'est (une distance d'environ 7 kilomètres) en y affectant les sommes économisées par la transformation de l'échangeur sud en un simple pont d'étagement. Une nouvelle route, adaptée au camionnage celle-là, à la hauteur des carrières et de l'échangeur nord déterminé par le MTQ, qui deviendrait une véritable alternative est-ouest au chemin Saint-Armand. D'autant plus qu'elle serait implantée dans le secteur plus industriel et commercial de Saint-Armand, ce que les entrepreneurs et les camionneurs apprécieraient sûrement.


Pourquoi ne viendriez vous pas faire une balade sur le chemin Saint-Armand et à Philipsburg pour visualiser tout ça avec nos députés Pierre et Denis Paradis? Une occasion de profiter vous-même de nos paysages apaisants et de parler d'avenir avec les gens de ce coin de pays. Faute de temps et de moyens, je n'ai pu les consulter. Je compte sur vous pour qu'ils le soient dans le cadre d'audiences publiques tenues ici même à Saint-Armand sur le projet de parachèvement de l'autoroute 35. Ce projet nous tient à coeur sans doute parce qu'il traversera littéralement le coeur de notre municipalité.

Veuillez accepter, Monsieur le Ministre, les salutations distinguées de quelqu'un qui partage les mêmes préoccupations que vous concernant le développement durable au Québec,

Jean Trudeau

vendredi 30 septembre 2005

L'échangeur prévu au coeur de Saint-Armand : UN NON-SENS


DE Saint-Armand sur le Web
    Le 5 octobre dernier avait lieu une soirée d'information du BAPE sur le projet de parachèvement de l'autoroute 35 entre Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Armand. Le projet prévoit 5 échangeurs : à Saint-Jean/Saint-Athanase, à Saint-Alexandre, à Saint-Sébastien et à Saint-Armand -- deux à Saint-Armand, sans compter celui du poste frontalier, sur une distance d'environ 6 kilomètres (voir figure A).

    Nous avons jusqu'au 29 octobre pour demander au Ministre que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) tienne des audiences publiques sur les impacts du projet qui est sur la table.


À mon point de vue, l'échangeur 'sud' prévu à l'extrémité ouest du chemin Saint-Armand, là où les rues Quinn et Montgomery croisent la route 133, au coeur même du village de Saint-Armand/Philipsburg (voir figure B), est un NON-SENS à plusieurs égards, notamment parce qu'il accroîtra le transport lourd dans un secteur résidentiel et sur un chemin pas du tout conçu pour les semi-remorques.

La solution du BON SENS passe par la construction d'une route parallèle alternative à la hauteur de l'échangeur nord pour desservir les industries et les commerces de Saint-Armand et favoriser ainsi leur accès et leur développement afin de pouvoir interdire le chemin Saint-Armand au transport routier lourd.



Figure A. Les échangeurs projetés à Saint-Armand
Sur une distance d'environ six kilomètres, le projet du ministère des Transports qu Québec (MTQ) prévoit, du nord au sud, un premier échangeur à la croisée de la rue Champlain et de la route 133 (en pointillé en haut à gauche), un parc routier avec poste de contrôle (en bleu), un échangeur à la jonction de la route 133 avec les rues Montgomery et Quinn/chemin Saint-Armand (en pointillé au centre), des entrées et sorties au poste frontalier (en pointillé en bas à droite).



Figure B. La route 133 à Philipsburg
Saint-Armand est une municipalité coupée artificiellement en deux par la route nationale 133 (qui deviendra vers 2012 l'autoroute 35). Elle regroupe des ilôts résidentiels qui ont nom à l'ouest (à droite) de la route et en bordure de la baie Missisquoi : village de Philipsburg, domaine Rémillard et domaine de la Falaise. À l'est (à gauche) de la route : village de Saint-Armand, Pigeon Hill et Morse's Line.



Figure C. L'échangeur 'sud' envisagé par le MTQ
L'emprise actuelle serait élargie pour faire place à six voies : les quatre voies de l'autoroute elle-même en dépression sous le pont d'étagement (style autoroute Decarie); une voie d'entrée/sortie, de chaque côté. Une bretelle serait spécialement aménagée (coin supérieur droit de l'illustration) pour faciliter l'accès du chemin Saint-Armand aux semi-remorques venant des États-Unis.



Figure D. Le chemin Saint-Armand, harmonieux...
Paysage rural aux multiples facettes, fait d'eau, de forêts, de champs de maïs ou de pâturages, de massifs rocheux, de maisons à l'image de ses habitants aussi singulières que sympathiques. Paysage tout en ondulations à travers lequel se faufile un chemin qu'on dirait naturel tant il s'intègre harmonieusement, un chemin qu'on ne pouvait nommer autrement que chemin Saint-Armand...



Figure E. ...mais aussi dangereux, le chemin Saint-Armand

La plupart des résidants de Saint-Armand vous diront qu'ils ont un jour ou l'autre vécu ou évité la catastrophe à l'approche d'une courbe ou d'une butte au moment où surgit du détour un de ces imposants monstres routiers qu'il nous faut tolérer depuis toujours sur le chemin Saint-Armand, faute de route alternative valable pour desservir les besoins en transport de l'économie locale.



Figure F. « Partageons la route! »
Ce slogan du MTQ à l'entrée du chemin Saint-Armand nous invite à faire courtoisement place aux véhicules à deux roues. Faudra-t-il appliquer encore longtemps ce slogan aux 'dix-huit roues'?



Figure G. Il faut pour les camions lourds une route alternative au chemin Saint-Armand
Pour répondre aux besoins en transport de l'économie locale, pour améliorer la qualité de vie dans le Saint-Armand plus résidentiel (en jaune), pour assurer notre sécurité et celle de nos enfants sur le chemin Saint-Armand, celle des cyclotouristes de plus en plus nombreux et celle des promeneurs friands de beautés naturelles... le MTQ doit construire avant même le parachèvement de l'autoroute 35 une route nationale alternative entre la future autoroute 35 et la route 235 (environ 7 kilomètres à l'est) à la hauteur des carrières, afin d'interdire le passage des camions sur le chemin Saint-Armand entre les deux villages.



 

lundi 5 septembre 2005

On vient (de loin) prier à Philipsburg

Face à la baie Missisquoi depuis 1921, au coeur de Philipsburg resté village malgré sa fusion avec Saint-Armand : le sanctuaire Notre-Dame-du-Laus. Discret, fermé, silencieux, modeste, presque austère : tout ce qu'il faut pour se faire oublier.

  

Pourtant, ce dimanche 4 septembre 2005, le voici ouvert, animé, accueillant, chaleureux... C'est que, comme chaque année à ce temps-ci, pour la 84e année donc, c'est le pèlerinage annuel à Notre-Dame-du-Laus de Philipsburg au Québec.

Un groupe de pèlerins est venu de Montréal accompagné d'un prêtre et de quelques religieuses pour prier la Vierge du Laus. Dès leur arrivée, ils assistent religieusement à la messe, prient sincèrement et chantent en choeur, écoutent la Parole leur rappeler pour la millième fois de s'aimer les uns les autres et de pardonner comme ils voudront l'être.

En sortant, coups d'oeil rapide sur les ex-voto laissés à l'arrière de l'église par des pèlerins reconnaissants d'antan, et regards intrigués de quelques-uns, nouveaux-venus sans doute, sur un étrange vêtement doré, immense, enchâssé comme pour en souligner l'importance, au bas duquel on peut lire :

Voile de la Vierge

Cette châsse contient une chape de drap d'or. Une dame de la noblesse française s'était appliquée pendant plusieurs années à broder ce manteau, puis l'avait offert en ex-voto au Laus de France. Pendant trente ans, il reposa sur les épaules de la statue de Notre-Dame du Laus, témoin muet de la bienveillance de notre bonne Mère.

C'est en 1930 que le Laus français l'offrit au Laus canadien pour marquer le lien de famille qui unit les deux sanctuaires. Ce manteau, même s'il n'est pas à proprement parler une relique, est sûrement chez nous un précieux témoin des bontés de notre Mère du ciel.

Après le repas, la centaine de pèlerins assiste à la projection d'une vidéo sur l'histoire du sanctuaire. Une bien vieille histoire qui remonte à 1664 -- à l'époque ou presque de Samuel de Champlain --, année où une petite fille de Laus dans les Hautes-Alpes française, appelée Benoîte, eut une première apparition de la Vierge. Une histoire incroyable mais qui doit bien être vraie puisque depuis ce temps on y a construit une basilique où viennent des centaines de milliers de pèlerins chaque année... La vidéo nous apprend aussi que c'est Mlle Louisia Riendeau qui en 1911 eut l'idée d'ouvrir un sanctuaire dédié à Notre-Dame-du-Laus à Philipsburg et qu'elle mit dix années à réaliser ce projet. Toute une histoire, celle-là aussi, que vous pouvez lire ici, racontée par M. Paul-Émile Archambault, qui s'occupe actuellement du sanctuaire. Dans les années 1950, je le tiens de l'ex-maire de Philipsburg maintenant doyen du village, il pouvait y avoir jusqu'à douze autobus de pèlerins à la fois venus manifester leur dévotion à la Vierge... À l'époque, c'était Mlle Fabiola Farley aidée de Mlle Lucie Dallaire qui s'occupait de tout, même d'en loger quelques-uns dans sa maison de pension!




Après tant d'images inspirantes, les deux groupes de pèlerins -- membres de la Fraternité eucharistique de Montréal et de l'Apostolat mondial de Fatima -- entreprennent la traditionnelle procession qui les mènera vers la grotte où auront lieu les prières à la Vierge des lieux. Un parcours on ne peut plus simple qui nous amène devant le Sanctuaire d'où, après avoir longé la baie toute calme, nous revenons à l'arrière, devant cette réplique du Laus en France où Benoîte vit et entendit la Vierge plus de 600 fois en 54 ans, selon l'histoire.


J'ai quitté les lieux à la fois intrigué, apaisé et fier. Intrigué par la foi manifeste de ces femmes et de ces hommes venus d'aussi loin que Laval exprès pour prier Notre-Dame-du-Laus, ici à Philipsburg au bord de la baie Missisquoi. Apaisé par les lieux mêmes, le beau temps, le lac tout calme et l'accueil des hôtes 'sans cérémonie'... Fier de constater qu'on peut venir de loin pour trouver ici la paix qui caractérise bien ce lieu trop méconnu de notre région paisible.



vendredi 1 juillet 2005

Une initiative prometteuse du journal local : le Festival des films du monde de Saint-Armand

BILLET AIGRE-DOUX
juillet 2005

Si vous habitez Saint-Armand, vous l'avez lu dans Le Saint-Armand, édition de juin 2005 : l'équipe du journal est en train de nous concocter un Festival des films du monde de Saint-Armand pour la fin de semaine de la Fête du travail (première fin de semaine de septembre).

Dans un long article, François Renaud explique sans ambages avec conviction et humour comment l'équipe a eu « l'idée d'organiser un événement qui, tout en ayant pour objectif d'assurer la survie économique de notre journal, serait susceptible d'offrir à nos concitoyens un divertissement de qualité tout en attirant chez nous des curieux sympathiques qui accepteront, avec un grand sourire, de se faire vider les poches! »

L'initiative mérite d'être soulignée et encouragée. Quant à sa motivation, elle est révélatrice à la fois d'un malaise et d'une ouverture qui s'opère lentement dans notre milieu, ouverture susceptible d'enrichir, de réconcilier et de faire évoluer positivement nos riches cultures armandoise et 'philibourgeoise' malheureusement marquées dans le temps -- et freinées? -- par l'hermétisme et l'ambivalence.

C'est Lamarck qui disait : « Le milieu crée le besoin, le besoin crée l'organe. » Après la Tournée des 20 et le Chant des Frontières, vivement le Festival des films du monde de Saint-Armand; après les arts visuels grâce à Michel Viala et le chant choral grâce à Robert Trempe, nous pourrons célébrer chaque année le cinéma d'ici grâce à Éric Madsen et son équipe. Dans la même foulée, je m'en voudrais de ne pas mentionner les nombreuses activités culturelles initiées par Nancie Rioux du Café Brin de folie (expositions) et Sandra Moreau du Vignoble de la Sablière (spectacles et expositions).

En dépit de toutes ces manifestations d'ouverture à la chose culturelle comme espaces de rencontres et moyens d'expression, il reste un profond malaise dans notre communauté tricotée trop serrée. Et ce malaise tient en grande partie à la méfiance et à la parcimonie manifestées par la majorité de nos élus municipaux aussitôt qu'il est question d'un projet à caractère culturel. Dernière manifestation inexplicable de cette attitude : le refus du Conseil de participer financièrement à la Fête de l'eau du lac Champlain animée par Raôul Duguay.

Bon succès au Festival des films du monde de Saint-Armand! Et longue vie au journal qui entreprend sa troisième année avec des projets de croissance et de développement, notamment en projetant une version Internet -- dont je souhaite depuis longtemps la venue pour donner aux articles du journal la diffusion hors les murs qu'ils méritent (une entrevue comme celle de Jean-Pierre Lefebvre avec Pierre Gauvreau pourrait intéresser les Armandois du monde entier).

J'en profite pour remercier toutes celles et ceux qui persistent malgré l'atonie des algues bleues à travailler au mieux-vivre à Saint-Armand et à Philipsburg.

Jean Trudeau

P.S. - Vous pouvez réagir à ce billet en utilisant la messagerie ci-après.

mardi 15 mars 2005

Conclusions de la Commission mixte internationale sur l'état de la baie Missisquoi

En se fondant sur le rapport du Groupe de travail international de la baie Missisquoi (annexes 2 et 3) et sur les commentaires exprimés à l'occasion des vastes consultations publiques, la Commission est convaincue que le pont-jetée n'a aucun effet sur les niveaux d'eau au Canada et qu'il influe de façon négligeable, s'il en est, sur les débits ou les régimes de circulation au Canada. En outre, la Commission est convaincue que ni le pont-jetée ni le nouveau pont ne causent de pollution susceptible de nuire à la santé ou aux biens de part et d'autre de la frontière.

Nonobstant les réponses ci-dessus aux questions précises posées par les deux
gouvernements, la Commission conclut que la qualité actuelle de l'eau dans la baie Missisquoi est inacceptable et porte atteinte à la santé et aux biens dans les deux pays en plus de constituer une menace à la santé du lac Champlain. La Commission prend note que l'État du Vermont et la Province de Québec ont signé des ententes, élaboré des plans d'action et pris d'autres mesures pour corriger la situation. Néanmoins, compte tenu de la gravité de la situation, la Commission exhorte les deux parties à prendre immédiatement des mesures significatives pour régler le problème de la surabondance du phosphore dans la baie et améliorer ainsi la santé écologique de la baie, en particulier, et du lac Champlain, en général. La Commission recommande que le Vermont et le Québec augmentent leurs investissements financiers et accélèrent leurs programmes respectifs de réduction des concentrations de phosphore dans la baie.

En ce qui a trait au pont-jetée, la Commission appuie la conclusion du groupe de travail, selon laquelle l'enlèvement du pont-jetée aurait une incidence négligeable sur les niveaux de phosphore dans la baie. Toutefois, la Commission est consciente que la majorité des résidents de la région croient que le pont-jetée est une des principales causes des problèmes de pollution de la baie. En fait, ces résidents y croient si fermement que la Commission est d'avis que tant que le pont-jetée restera en place, les collectivités locales ne prendront pas les mesures nécessaires pour réduire les apports de phosphore dans la baie. Par conséquent, la Commission recommande que le pont-jetée soit enlevé, à condition que les gouvernements du Canada et du Québec consacrent un montant équivalent au coût de l'enlèvement du pont-jetée à des initiatives visant à réduire les apports de phosphore dans la baie et à faciliter l'aménagement d'un habitat à la tortue molle à épines.
Source : Commission mixte internationale Canada et États-Unis, Rapport aux Gouvernements des États-Unis et du Canada -- Impacts transfrontaliers du pont-jetée de la baie Missisquoi et du projet de construction d'un nouveau pont sur la baie Missisquoi (document pdf) qu'on peut télécharger sur le site de la CMI)

Le monde en parle...

  • 1812-1814 : Drôle de guerre à Missisquoi Bay

    Dans le CyberMagazine Patrimoine des Cantons, un récent article nous révèle que la Guerre de 1812 était une bien drôle de guerre dans le Bas-Canada, particulièrement à la baie Missisquoi. On y apprend, grâce à la correspondance de Charles Caleb Cotton et de C. J. Stewart, ministres anglicans à Philipsburg à cette époque, que la milice locale était peu motivée pour livrer bataille à nos voisins des États du Vermont et de New York. La milice était plutôt « a motley crew of farmers, citizens, tavern-keepers, and traders, etc. not a regular soldier among them ». En fait, cette 'guerre' a plutôt contribué à renforcer à cette époque les échanges économiques des deux côtés de la frontière...

    Les auteurs Heather Darch (Missisquoi Museum) et Michel Racicot (Cowansville Historical Society) racontent entre autres cet incident qui en dit long sur l'esprit guerrier du temps :

    The final "drama" for the Missisquoi Bay area occurred when members of the Eastern Townships militia marched in Sir George Prevost's invasion from Lower Canada to New York State in 1814. Among the militia were the "Silver Greys", a company consisting of men over 60 years of age. They marched all night to Burlington where they boarded a sloop for Plattsburg. They saw little combat and returned to their farms and families. It was a typical scenario for the Missisquoi "soldiers".

    A DISTANT DRUM: THE WAR OF 1812 IN MISSISQUOI COUNTY est un article à lire si l'histoire locale vous intéresse; c'était au temps de John et Philip Ruiter à qui, notamment, Philipsburg doit son nom.

    En passant, le CyberMagazine Patrimoine des Cantons de Matthew Farfan est un site Web incontournable pour découvrir l'histoire et le patrimoine des Cantons de l'Est.



  • Les hauts et les bas de la viticulture dans Brome-Missisquoi

    Denis Lord rencontre quelques viticulteurs de Dunham et fait avec eux un portrait réaliste de la situation qui prévaut dans les vignobles de la région : Au coeur du vignoble québécois, une bonne réglementation s'impose pour garantir qualité et conservation, dans ledevoir.com, édition du mercredi 16 mars 2005.
    «Nous n'avons pas réussi à créer de bonnes variétés rustiques au Québec, souligne M. de Coussergues. On a tenté d'hybrider la vigne indigène, le riparia, avec d'autres cépages, mais le riparia transmet son mauvais goût. Et ça coûte cher de faire des tests. En 23 ans de culture au Québec, j'ai essayé 66 variétés.»


  • Une histoire de pêche... au GPS!

    Dans le magazine Québec-Pêche, Patrick Campeau raconte une autre de ses histoires de pêche, cette fois de pêche au GPS dans la baie Missisquoi. C'est à lire si la pêche technologique vous intéresse :
    Lors d'une excursion de pêche sur le lac Champlain, j'ai fait un test avec un de mes copains sceptiques du fonctionnement des GPS. J'avais localisé sur la carte bathymétrique, un îlot sous-marin, qui était en plein milieu d'une immense baie. J'estimais que ce dernier mesurait approximativement 10 mètres par 7 mètres. La baie en question devait mesurer 4 kilomètres par 10 kilomètres...


  • L'église de Pike-River est bel et bien à vendre

    Une décision crève-coeur mais nécessaire, avoue la présidente de la fabrique, Marthe Lareau. Selon la dame, la paroisse connaît son lot de problèmes depuis quelques années. "Ça fait trois ans que ça dégénère. Les paroissiens ont été mis au courant de la situation par écrit, mais ça n'a rien changé. Il a bien fallu prendre une décision, souligne-t-elle. C'est dommage. Le seul endroit qu'il nous reste pour nous rassembler, c'est ici." (Église cherche preneur, par Isabel Authier, dans La Voix de l'Est, édition du 25 février 2005)


  • Le ministre Mulcair n'oublie pas la baie Missisquoi

    Le ministre Mulcair a repoussé les arguments de l'UPA (de la Gaspésie et des Îles) et cité des exemples de pollution agricole ailleurs au Québec. « Lorsqu'un chien boit de l'eau dans la baie Missisquoi et qu'il meurt, ce n'est pas une fiction, et ça, c'est la réalité et c'est la pollution d'origine agricole qui est la source du problème », a notamment mentionné le ministre. Mulcair croise le fer avec les agriculteurs de la Gaspésie, radio-canada.ca, 23 février 2005


  • ... la gestion de l'eau par bassin versant dans Le Coopérateur agricole

    Nathalie Fortin fait le point sur la gestion des bassins versants du Québec dans un article en ligne du Coopérateur agricole (février 2005) intitulé Penser globalement, agir localement. On y apprend que parmi les organismes qui en assurent la gestion, trente-trois ont été identifiés comme prioritaires, dont la Corporation Bassin versant Baie Missisquoi. C'est une bonne source de renseignements pour mieux connaître le mandat, la composition, le budget et le mode de fonctionnement de la CBVBM.

    À la lecture de l'article, on comprend également mieux les limites de leur pouvoir d'intervention jusqu'à maintenant : « Le ministère de l'Environnement modifiera, au cours de cette année, le Règlement sur les exploitations agricoles pour intégrer à ses normes la gestion par bassin versant. Les producteurs pourront s'engager de deux façons pour que cette gestion globale de l'eau se concrétise localement : en tant que membre d'un organisme de bassin versant, pour participer à l'élaboration des orientations et des objectifs de restauration ou de conservation des rivières; ou comme acteur de l'eau, en réalisant les actions inscrites dans les plans directeurs de l'eau. »



  • ... de Conservation baie Missisquoi dans L'Avenir & Des Rivières

    Pierre Leduc, président de Conservation baie Missisquoi, fait part à la journaliste Mylène Grenier des projets de son organisme pour 2005 : Des projets sur la table pour Conservation baie Missisquoi. Il y est question notamment d'un support auprès des agriculteurs de la région qui auraient besoin d'aide pour dépasser les normes environnementales : « En faisant une bande-riveraine plus large, ils perdent de l'argent parce qu'ils ne peuvent plus faire de la culture. On travaille sur une formule au niveau de la taxation pour que les agriculteurs ne perdent pas au change. » On trouve également dans cet article un aperçu des réalisations de Conservation baie Missisquoi en 2004, année du 15e anniversaire de fondation de l'organisme.

    Malgré tout le travail effectué pendant ces quinze années, il reste beaucoup à faire pour dépolluer la baie d'ici 2009 (selon l'engagement pris par nos gouvernements). Imaginons un instant quelle serait la situation sans l'implication des membres d'un organisme comme CBM : un gâchis irréversible! Un constat de Pierre Leduc est cependant inquiétant : « L'un des problèmes, c'est qu'on a de la misère à avoir un programme spécifique à une région parce qu'avec le gouvernement, il faudrait que ça soit valide à l'échelle du Québec ». Moi qui croyais que la baie Missisquoi était une priorité pour le ministère de l'Environnement. Des promesses, des promesses... JT


  • ... de Saint-Armand/Philipsburg dans Le journal Les Professions d'ici

    Agréable surprise : Le journal Les professions "L" d'ici, édition février 2005, récidive avec un deuxième cahier spécial sur Saint-Armand et Philipsburg. Cette fois avec des photos d'actualité (pêche blanche), la petite histoire surprenante de l'hôtel Lafayette et intrigante du Nigger Rock ainsi qu'une visite géologique de nos carrières (par Gilbert Beaulieu). Aussi, des propos historiques fort intéressants sur les origines de Philipsburg (par Ginette Gendreault). L'équipe de ce jeune journal fait un travail inestimable pour faire connaître la petite et la grande histoire de nos cantons tout en faisant la promotion des commerces et des industries de la région. Une bonne main d'applaudissements!



  • ... de la baie Missisquoi dans Géo plein air

    Dans le magazine Géo plein air, numéro de février 2005, Denis Lord signe un article intitulé : Baie Missisquoi : vers une remise à flots. « Le lac Champlain n'est plus le paradis récréatif qu'il était. À qui la faute? », se demande le journaliste. Rejoint par courriel, Denis Lord résume ainsi son article : « C'est un papier sur la déphosphorisation de la baie, avec des entrevues avec Chantal D'auteuil, Jean-Roberge Boucher, Denis Paradis, Nathalie Jaume et une couple d'autres. » Les photos sont splendides, à croire que la baie est encore un 'paradis'... On ne sait jamais : peut-être qu'en 2009...

mardi 1 mars 2005

Merci à l'Unité pastorale des Frontières



    Allocution de Soeur Reine-Marie Montpetit pm, au terme de la célébration tenue le 31 juillet 2005 en hommage aux Soeurs de la Présentation de Marie à l'occasion de leur départ de Philipsburg.


C'est avec joie, et en même temps une grande émotion, que je m'adresse à l'équipe d'animation pastorale de l'Unité des Frontières, à son pasteur Danik et à vous tous ici présents à l'occasion de ce rassemblement, soulignant le départ officiel de notre communauté des Soeurs de la Présentation de Marie, départ plus précisément de Philipsburg.

Ce sont des mots d'amitié, de fraternité, d'appréciation, de reconnaissance qui montent à mon esprit et à mon coeur et, j'en suis convaincue, au coeur de toutes celles qui ont vécu cette grande aventure que fut la vie de la Congrégation au Couvent de Philipsburg depuis 1934. Que de beaux et bons souvenirs sont enfermés dans les murs de cette maison et à travers le petit village de Philipsburg et de la région. Combien de paroles d'encouragement, de sourires partagé, de peines soulagées par les hasards des routes croisées ou des portes visitées. Merci pour votre présence aux heures de bonheur comme aux heures plus difficiles.


Célébration par Danik Savaria,
dans un lieu naturellement propice au recueillement...

Merci aux différentes équipes de pastorale qui se sont succédé sous des formes variées, car, imaginez, depuis 70 ans l'évolution dans l'Église et dans le monde a amené de la variété; mais toujours les Soeurs ont eu leur part privilégiée. Pendant mon séjour à Philipsburg les équipes connues nous ont apporté une richesse spirituelle à nulle autre pareille.

Comme il fut bon ce contact avec les élèves de tous âges, où le dynamisme des jeunes suscitait le zèle de chaque religieuse pour inculquer des connaissances et des principes précieux pour une vie réussie et centrée sur Jésus-Christ. Aucun ni aucune de nos élèves n'est tombé dans l'oubli. Merci à chacun et chacune d'avoir été sur notre chemin.


...devant l'église, sous les arbres,
face à la baie Missisquoi.

Que dire des 30 ans et plus pendant lesquelles les Soeurs ont accueilli des groupes de toute nature pour des ressourcements spirituels, humains, sociaux, etc. sans oublier, bien sûr, la période inoubliable du verglas. On y a vécu des heures intenses de vie chargées d'émotions tellement pleines et variées, qu'il est risqué d'en parler en quelques mots. Merci à tous ceux et à toutes celles qui nous ont permis de vivre ces moments qui nous ont rapprochées de vous et de Dieu.


Soeur Reine-Marie Montpetit pm,
dernière directrice de la Maison En-Gaddi

Je m'en voudrais de ne pas parler de deux personnes que la plupart d'entre vous auraient aimé rencontrer aujourd'hui. J'ai nommé Soeur Jean-du-Carmel (Berthe Gauthier) et Soeur Thérèse-Gabriel (Adrienne Mandeville). Malheureusement l'état de santé de l'une et le grand âge de l'autre les ont empêchées de ce présenter à cette rencontre trop chargée d'émotions et de souvenirs. L'une et l'autre vous affectionnent grandement et vous saluent chaleureusement. Elles sont ici de coeur et d'esprit vous le sentez bien, j'en suis certaine.


Soeurs de la Présentation de Marie,
elles sont aussi deux soeurs de la même famille Dandurand,
originaires de Saint-Armand.

Sur ces mots, au nom de toutes les Soeurs de la Présentation de Marie, passées et actuelles, je vous redis tout notre attachement et notre amitié. Philipsburg reste à jamais gravé dans l'histoire de la Congrégation et les personnes sont à jamais portées dans la prière des Soeurs de la Présentation de Marie.


« Au nom de toutes les Soeurs de la Présentation de Marie, passées et actuelles,
je vous redis tout notre attachement et notre amitié. »

Merci pour cette fête magnifique et le dévouement de Danik et de son équipe d'abeilles, bourdonnantes d'idées et d'ardeur. Alors merci très chaleureux à tous et à chacun et chacune, et amitié profonde dans la prière.

Reine-Marie Montpetit pm