lundi 13 juillet 2009

Un sondage comme point de départ

Nouveaux horizons à Saint-Armand (2)

Vieillir à Saint-Armand s'appelle maintenant Nouveaux horizons à Saint-Armand. J'ai décidé d'abandonner le nom initialement choisi pour le projet lors de l'assemblée publique du Conseil municipal, le 6 juillet dernier. En constatant que vieillir, pour nos élus locaux, c'était pour les soixante-cinq ans et plus -- j'ai toujours pensé qu'on commence à vieillir à partir de la naissance pourtant! --; or le projet s'adresse non seulement aux aînés mais à toute la population de Saint-Armand. Mais, bon! le choix des mots est crucial dans ce genre de projet qui se veut rassembleur et intergénérationnel.

Un deuxième pas sera franchi cette semaine : l'envoi d'un sondage à tout le monde de Saint-Armand. Un : pour faire connaître le projet et le programme. Deux : pour mesurer le degré d'adhésion des Armandois au projet. Trois : pour connaître les besoins et les intérêts de chacun, chacune afin de choisir des activités qui collent au milieu. Quatre : pour inviter mes concitoyens et concitoyennes à participer activement à l'élaboration d'un projet d'activités communautaires.

Si vous n'êtes pas à la maison cette semaine, en vacances ou en voyage ou en autre chose, vous pouvez télécharger la version électronique des deux documents (sur scribd.com) et m'envoyer vos réponses par courriel :

samedi 11 juillet 2009

Pour que notre lac nous survive

Hier soir, l'organisme Renaissance Lac Brome faisait la projection publique du film Nos lacs sous la surface - Pour que nos lacs nous survivent en présence de son auteur, Pierre Brochu.

Deux heures de belles images, de témoignages qui vienne des tripes et de clips d'archives rappelant les discours inconséquents de nos politiciens ces quarante dernières années, tous partis confondus. Deux heures pendant lesquelles on ressent veux veux pas un profond malaise face au gâchis que sont devenus nos lacs le temps d'une seule génération : la nôtre.

Parmi la centaine de lacs 'en vedette' dans son film, le cinéaste fait une place importante au lac Champlain et à trois de nos concitoyens engagés. Martin Landreville y donne son point de vue de père inquiet et de conseiller municipal préoccupé. Nathalie Fortin, celui de la bénévole active coûte que coûte malgré l'indifférence ambiante. Louis Hautecloque, celui de l'agriculteur sincère coincé entre les politiques contradictoires du MAPAQ et du MDDEP. Aussi Jacques Landry, maire de Venise-en-Québec, qui, comme Martin et une dizaine d'autres maires interviewés dans le film, déplorent l'absence de moyens (financiers et légaux) au niveau municipal pour protéger les lacs et cours d'eau qui sont maintenant sous leur juridiction depuis janvier 2008. Tout au long du film, les politiciens qui se sont succédés au Québec depuis trente ans sont pointés du doigt pour leurs politiques de laisser faire dans le domaine de l'eau malgré de belles promesses, des annonces faites en grande pompe, de belles déclarations de principe et une politique de l'eau avant-gardiste (or, elle protège surtout les 'droits acquis' de polluer, apprenons-nous...).

Est-ce que ce film qui révèle autant d'incuries sous la surface viendra à bout de notre inconscience collective béate et nous amènera à exiger que nos gouvernements -- tous niveaux et tous partis inclus -- cessent de se traîner les pieds, ne se contentent pas de belles déclarations, mais agissent avec vigueur en prenant des mesures radicales pour que nos lacs nous survivent?

On peut se procurer le film sur DVD sur le Site Web du film.

mardi 7 juillet 2009

Une assemblée coûteuse, mais sans histoire

Nous étions une dizaine hier soir venus assister à l'assemblée publique du Conseil municipal. Un gros contraste avec celle du mois dernier où nos élus avaient été vivement interpelés par une imposante délégation de citoyens de Philipsburg. Les circonstances de la noyade du jeune Alexandre Côté leur faisaient remettre en question l'équipement ainsi que la rapidité d'intervention des secouristes et exiger des correctifs pour qu'un tel drame ne puisse plus arriver.

Étrangement, hier soir, pas un mot à ce sujet. Ou plutôt si, indirectement. On nous a appris que les premiers répondants ont secouru en fin de semaine dernière une famille dont le bateau flottait à la dérive sur la baie Missisquoi à la suite d'une panne de moteur, et risquait de couler à tout moment à cause des fortes vagues.

Est-ce qu'on a tiré des leçons de la noyade d'Alexandre? Est-ce que certaines choses ont été améliorées pour qu'un tel événement ne se reproduise plus? Ni moi ni personne n'ont osé le demander durant la période de questions...

Ni moi ni personne d'autre non plus n'ont osé demander ce qui advient du projet de restauration de l'ancienne gare qui, aux dernières nouvelles, s'annonçait trop coûteux... Le projet est-il abandonné? On peut se le demander puisque le Conseil a accepté unanimement de procéder à la location d'un des locaux de ce bâtiment patrimonial à des fins commerciales!

Pas d'argent pour la restauration de notre patrimoine bâti; mais de l'argent pour paver deux bouts de chemins secondaires sur une longueur de 687 mètres, pour lesquels nos élus ont alloué une somme approchant les 200 000 $...

Quant à Internet haute vitesse pour les ruraux, il faudra encore patienter : l'ingénieur chargé de rédiger le devis est en vacances et la municipalité n'a toujours pas eu de réponse à la demande de subvention gouvernementale.

vendredi 19 juin 2009

Adieu LA CORPO!

Hier soir, c'était l'assemblée générale annuelle de la Corporation bassin versant baie Missisquoi, qu'on appelle ici familièrement La corpo. Qu'on appelait, devrais-je dire, puisqu'il a été décidé d'en changer le nom pour Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi; question de se conformer à la nouvelle loi québécoise sur l'eau, nous a-t-on dit, loi qui « confirme l'approche de gestion concertée et intégrée de l'eau à l'échelle du bassin versant » (communiqué). La CBVBM devient donc l'OBVBM; adieu donc LA CORPO!

Que d'information dans une seule soirée! En plus des mots du président et de la directrice générale, nous avons eu droit à six présentations illustrées :
Ouf! (Impossible de résumer ici toute cette information; je vais mettre la documentation en ligne chez scribd.com avec la complicité et l'accord de la corpo...)

Ce qui m'a surtout frappé durant cette soirée, c'est l'esprit qui anime ceux et celles qui ont fait des interventions. La panique et l'impatience qui ont souvent caractérisé l'assemblée générale de la corpo (j'y assiste depuis quelques années) a fait place à la sérénité et à un début de confiance en l'avenir. C'est le vice-président de l'organisme, Daniel Racine qui, dans son discours de clôture, a le mieux exprimé comment s'est produite cette évolution : « Au début, producteurs agricoles et citoyens s'accusaient mutuellement d'être responsables de la situation catastrophique qui prévaut à la baie Missisquoi; puis, on s'est calmé, on s'est parlé et chaque camp a fini par admettre sa part de responsabilité; maintenant, on est capable de travailler ensemble à des solutions concrètes... »

Il reste encore beaucoup à faire pour que la baie Missisquoi 'redevienne ce qu'elle était'; on nous a même dit que les efforts faits depuis dix ans pour réduire les apports en phosphore dans le lac étaient à toutes fins utiles annulés par de nouveaux apports en amont du bassin versant où il se fait beaucoup de développement... Mais je n'ai pas senti de découragement face à ce constat; au contraire, on semble plutôt le prendre comme un nouveau défi à relever pour les prochaines années puisqu'on travaille à réviser le plan directeur de l'eau pour la baie et à finaliser un nouveau plan d'intervention pour les années à venir.

'L'ex-corpo' célébrera son 10e anniversaire toute la journée du 3 octobre prochain. À cette occasion, le nouveau plan d'action (2010-2016) fera l'objet d'une présentation publique et le site Internet de l'organisme sera mis en ligne.

mercredi 17 juin 2009

« Vieillir à Saint-Armand »

Nouveaux horizons à Saint-Armand (1)

Ressources humaines et Développement des compétences Canada annonce un programme de financement pour la participation communautaire et le leadership : Nouveaux horizons pour les aînés. Il s'agit d'un versement de fonds ponctuels de démarrage pouvant aller jusqu'à 25 000 $ pour des projets communautaires visant à permettre aux aînés de jouer un rôle important dans leur collectivité.

Les projets doivent amener les aînés à faire profiter la collectivité de leurs compétences, de leur expérience et de leur sagesse, et aider à réduire leur isolement social. Ils doivent être présentés par des organismes à but non lucratif, coalitions communautaires, réseaux et comités spéciaux ou par des administrations municipales.

J'en ai parlé à la période de questions lors de l'assemblée publique de juin; les membres du Conseil se sont dits d'accord pour piloter la présentation d'un tel projet à la condition qu'il soit pris en charge de A à Z par la communauté.

Avec le conseiller Clément Galipeau, l'aîné de nos élus locaux, j'ai préparé un plan de travail -- Vieillir à Saint-Armand -- qui pourrait mener à l'élaboration d'un tel projet par toutes les personnes intéressées si le Conseil municipal donne son assentiment.

À suivre.

samedi 13 juin 2009

Saint-Armand a maintenant sa marraine

Fidèle depuis 6 ans, Le Saint-Armand était encore hier bien sagement plié dans notre boîte au lettres. Une fois déplié, il est rassurant de constater qu'il est à la fois semblable et différent des numéros précédents. Semblable par son logo, sa facture, ses rubriques, sa caricature et ses bas de pages publicitaires. Différent par son contenu qui, de deux mois en deux mois, nous rappelle quelques événements locaux marquants ayant souvent échappé à notre attention; qui nous propose aussi d'émouvantes rencontres avec ceux et celles dont le coeur bat en ou pour l'Armandie. Cette fois-ci : Donat Messier, Micheline Lanctôt, la famille Schinck, Daniel Boulet, Lamine...

Mais un article m'a vraiment frappé cette fois, ce genre d'articles qu'on relit pour s'assurer qu'on bien saisi lors de la première lecture : « Avec vous... Sûreté du Québec », par l'agente Mélissa Pelletier de Brome-Missisquoi. La signataire de cette nouvelle chronique nous apprend qu'elle s'est proposée comme marraine de Saint-Armand dans le cadre d'un programme de parrainage des municipalités visant au rapprochement des policiers de la Sûreté du Québec avec la population.

Wow! Voilà une nouvelle renversante dans tous les sens du mot. Jusqu'à maintenant -- disons-le franchement --, le poste de la Sûreté du Québec à Saint-Armand, c'était d'abord un poste budgétaire : une dépense municipale annuelle frôlant les 200 000 $ pour des services très occasionnels, une présence plutôt discrète malgré certaines plaintes récurrentes concernant notamment la vitesse excessive sur nos chemins...

Je me réjouis du fait que l'agente Mélissa Pelletier, une p'tite Pelletier de Saint-Armand veillera dorénavant « à ce que les attentes de la population soient comblées » et qu'elle agisse « à titre de personne-ressource et parfois même de médiateur ». Et, dans la foulée de son invitation à lui envoyer des questions et des commentaires par courriel via le journal (jstarmand@hotmail.com), je formule le souhait qu'elle vienne aussi périodiquement en personne rencontrer la population armandoise lors d'un 5 à 7, par exemple, au Centre communautaire.

mercredi 3 juin 2009

Les églises de Philipsburg

Avec l'ancienne gare et quelques 'vieilles demeures'*, les églises survivantes de Philipsburg, Saint-Armand et Pigeon Hill sont à peu près les seuls vestiges bâtis préservés et bien visibles de l'histoire de Saint-Armand. Une histoire discrète, caractérisée par la diversité d'origine de ses pionniers.

Appuyée financièrement par le Conseil municipal, la Société d'histoire de Frelighsburg a récemment installé un panneau d'interprétation devant chacune des églises de nos deux municipalités et produit un dépliant touristique pour en faire la promotion : La tournée des Églises frontalières - Frelighsburg et Saint-Armand. Géographiquement, ces églises sont toutes localisées à proximité du Chemin Saint-Armand.

À lui seul, le village de Philipsburg, à l'extrémité ouest du Chemin, en compte trois : celle de l'Église catholique, celle de l'Église anglicane et celle de l'Église unie du Canada (United Church).
L'église Saint-Philippe, aussi désignée sous le nom de Sanctuaire Notre-Dame-du-Laus : c'est une église paroissiale catholique toute simple, construite en bois; c'est la plus jeune des trois (1921); et on y faisait jusqu'à récemment encore des pèlerinages.

L'église St. Paul : une église anglicane qui a du style et dont la construction en briques remonte à 1897; mais d'autres l'ont précédée puisque la paroisse a été fondée en 1810.

L'église Philipsburg United : construite en pierres sur flanc de colline entre 1819 et 1821, plus exactement en marbre blanc extrait de la carrière de marbre d'à côté, une carrière qui a fait la fierté de Philipsburg jusqu'au milieu du siècle dernier.
L'église Unie me réservait une surprise. Un jeune homme s'est approché pendant que j'étais attentif à lire le panneau nouvellement installé.
- Aimeriez-vous visiter?, me dit-il.
- Bien sûr. Il y a là des photos ici qui donnent le goût d'y entrer...
- Je vais avertir ma mère; elle va vous servir de guide.

Quelque minutes après, une dame aux cheveux gris sort de la grande maison attenante et s'amène devant l'église avec son trousseau de clés bien en évidence.
- Venez! Entrez.
- C'est ma première vraie visite d'une église protestante, vous savez.
- Assoyez-vous dans un des bancs; vous verrez mieux...
- C'est comme si c'était plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur!

Et, de question en réponse, j'ai appris qu'un des vitraux avait été donné à la paroisse (alors méthodiste) par sa famille, les Symington, que le jubé avait servi de refuge aux soldats loyalistes pendant la Rébellion de 1837, qu'un service religieux était encore célébré le cinquième dimanche des mois qui en comptent 5, que les paroissiens étaient à la recherche d'un pasteur attitré, que la construction prochaine de l'échangeur de l'autoroute 35, juste en face, semait des inquiétudes quant à l'avenir de la plus ancienne église de la région... Et j'aurais appris bien d'autres choses si je m'étais arrêté à un autre moment de la journée que l'heure du souper!

Une bonne idée que ces panneaux d'interprétation des églises frontalières! Plus encore, expérience faite, tout un privilège que de pouvoir entrer dans une église 'autre' et avoir l'impression de vivre à une autre époque pendant un moment, en toucher le mobilier, en sentir l'odeur de passé, entendre, avec un peu d'imagination et en se rappelant Les contes d'Avonlea, entendre quelque hymne religieux chanté en vieil anglais, accompagné à l'harmonium...

Merci pour cette visite, Madame Symington!
Et bravo à la Société d'histoire de Frelighsburg pour cette initiative qui ravive nos églises!

À la suite de ma trop courte visite, j'ai voulu en savoir plus sur l'histoire de cette église classée 'exceptionnelle' par le ministère de la Culture et des Communications du Québec :
  • Extrait de l'inventaire des lieux de culte du Québec, région de la Montérégie, par le ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2003, 16 pages et annexes. (PDF - 4159 Ko) : document remis au BAPE lors de la consultation publique sur le parachèvement de l'autoroute 35.
  • « UNDERGROUND HEAVEN : A Methodist church in Quebec was once the end of the line for fugitive slaves from the American South », par Robert J. Galbraith dans Leaderpost.com, édition du 3 mars 2009 : " If its walls could speak, the 190-year-old church would tell tales of unfathomable courage, determination, hope, and a love and sacrifice for our fellow man that is rarely witnessed. "
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* Les 'vieilles demeures' font l'objet d'une série d'articles signés Jean-Pierre Fourrez dans le journal Le Saint-Armand : « Patrimoine et vieilles demeures ».